En France, la biotech Genzyme change de tête

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En d'autres circonstances, la nouvelle serait peut-être passée plus inaperçue. Mais la nomination, prévue de longue date, de Christian Deleuze à la tête de la filiale France de Genzyme, à compter de ce mercredi, prend une portée nouvelle dans le cadre de la bataille rangée que se livrent depuis deux mois la biotech américaine et le labo français Sanofi-Aventis. « Pour moi, cela ne change rien », assure pourtant à « La Tribune » le nouveau patron, qui glisse tout de même qu'il a « l'habitude des fusions ». Après un début de carrière chez Bayer, Christian Deleuze, 46 ans, est passé par les laboratoires Searle, rachetés par Pharmacia puis par Pfizer. Président depuis 2003 de la filiale hexagonale du japonais Daiichi Sankyo, il succédera chez Genzyme à Frédéric Turner, qui prend la direction de la zone Amérique du Sud. Première filiale de Genzyme, la France est stratégique pour la biotech convoitée par Sanofi. Elle compte 600 salariés dans l'Hexagone, pour un chiffre d'affaires d'environ 200 millions d'euros (6 % des ventes mondiales). Outre ses traitements contre les maladies rares (Cerezyme, Fabrazyme et Myozyme), Genzyme possède aussi 49 % de la biotech de thérapie cellulaire Myosix, basée à l'hôpital St-Louis à Paris. L'américain est par ailleurs l'un des seuls labos à disposer en France de capacités de production biotechnologiques. Il achève d'ici à fin 2011 le regroupement de la production mondiale de Thymoglobuline, un traitement contre le rejet des greffes, sur un nouveau site à Gerland près de Lyon. L'ancienne usine se situait également en banlieue lyonnaise, à Marcy-l'Etoile, dans les locaux de... Sanofi. « Nous disposerons de capacités deux à trois fois plus importantes », explique-t-on chez Genzyme. Pressions sur les prixMais le nouveau patron devra aussi faire face aux pressions accrues sur le prix des traitements, qui peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros par patient et par an. Niche lucrative pour les laboratoires, « les maladies orphelines coûtent environ 500.000 euros par an à la Sécurité Sociale », indique le président de la plate-forme associative Maladies Rares Info Services Jaques Bernard. À ce titre, pas sûr qu'un rapprochement avec le leader français arrangerait les choses. «  anofi risque de se retrouver en porte-à-faux pour négocier ses prix : soit il devra baisser ceux de Genzyme, soit diminuer les siens pour compenser le coût des traitement orphelins », estime un bon connaisseur du dossier. Audrey Tonnelie

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