« Une poursuite d'absolu » qui mène au « Krach »

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À quelques semaines de la sortie de «?Wall Street 2?», «?Krach?» de Fabrice Genestal - dont « La Tribune » est partenaire - ouvre le bal des films consacrés au monde de la finance. L'excellent Gilles Lellouche y incarne Erwan, un jeune trader français installé à New York. Ne vivant que pour prendre des risques, notre homme est persuadé d'avoir trouvé un modèle magique lui permettant de prévoir le cours des marchés. Et donc de contrôler le monde. Malgré une mise en scène parfois laborieuse, le film offre une plongée en apnée dans l'univers des traders et des hedge funds. L'occasion d'une rencontre avec Paul Besson, coscénariste du film, ancien gérant de hedge funds en 2008, reconverti dans le 7e art le temps de «?Krach?».Comment êtes-vous venu à la finance ?Par hasard. J'adorais les mathématiques. Après des études d'ingénieur, je me suis demandé comment utiliser cette science dans le monde réel. La créativité propre aux maths a de nombreux points communs avec celle de la finance. Il m'a donc semblé naturel de travailler dans ce domaine. J'ai commencé par faire de la modélisation pure, puis de l'arbitrage, ensuite j'ai intégré un hedge fund où j'ai notamment exercé comme chercheur puis comme responsable de trading.Qu'avez-vous souhaité raconter avec «?Krach?».Fabrice Genestal et moi voulions parler de la finance autrement. En épousant le coeur de la matière. Il est davantage ici question d'une poursuite d'absolu que d'argent. Nous voulions montrer jusqu'où cette quête du marché parfait peut aller, sans oublier de parler de l'état d'esprit de la personne qui ne vit que pour ça.Peut-on voir en Erwan un clone de Jérôme Kerviel ou de Fabrice Tourre ?Il faut plutôt regarder du côté de l'affaire LTCM [un hedge fund, créé par des anciens prix Nobel, dont les pertes étaient si importantes en 1998, qu'elles ont failli entraîner la planète financière à la catastrophe avant d'être sauvé par les banques, Ndlr].En quoi le monde de la finance est-il cinématographique ?C'est une réalité de la société moderne. Mais la finance, c'est aussi la rencontre de l'individuel et du collectif. Sur ses écrans, le trader a en direct le monde entier face à lui.On a l'impression que les traders sont en train de devenir les nouveaux méchants du 7e art.Je trouve ça dommage et relativement injuste. Quand on demande aux banques d'avoir un rendement important, elles vont forcément mettre en place des stratégies risquées et demander aux traders de les trouver. Au final, ce sont eux qui payent alors qu'ils sont en bout de chaîne. Mais cette diabolisation du trader n'est pas récente en temps de crise.Propos recueillis par Yasmine Youssi

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