Le dollar toujours hégémonique dans les transactions de change

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En dépit de la croisade menée l'an dernier par les grands pays émergents pour mettre un terme à l'hégémonie du dollar sur le marché des changes et malgré les appels à une refonte du système monétaire international où le billet vert ne serait plus roi, il s'inscruste. Tel est le constat de la dernière enquête triennale de la Banque des règlements internationaux (BRI), la banque centrale des banques centrales, rendue publique ce mercredi. Bien qu'en léger retrait, le dollar est impliqué dans 84,9 % des transactions mondiales de change, contre 85,6 % il y a trois ans et 86,8 % en 1998, l'année précédant le lancement de l'euro financier. Cette légère baisse a profité à l'euro, qui n'est concerné que par 39,1 % des transactions, contre 37 % en 2007. Le yen, impliqué dans 19 % des transactions de change s'adjuge la troisième place, suivi par la livre sterling, avec 12,8 %. Parmi les dix monnaies les plus activement traitées la part des dollars australien et canadien a sensiblement augmenté au détriment de la livre et du franc suisse. La BRI note également que la part des monnaies des pays émergents dans les volumes d'échanges quotidiens s'est nettement accrue, en particulier, celle du won sud-coréen, qui se hisse à la onzième place des monnaies les plus activement négociées, et de la livre turque.En dépit des graves turbulences financières qui ont secoué ces trois dernières années, les volumes de transactions sur le marché des changes ont poursuivi leur folle expansion, bien qu'à un rythme un peu moins rapide qu'au cours des trois années précédentes, où la croissance des transactions avait battu tous ses records. Il s'échange désormais 4.000 milliards de dollars par jour sur le marché des changes contre 3.300 milliards en 2007, soit une progression de 20 %, conséquence en particulier de l'explosion de 48 % des volumes sur le marché au comptant (spot). Lors de la première enquête menée par la BRI en 1989, les volumes quotidiens de transactions se limitaient à 570 milliards de dollars. Du côté des places financières, non seulement Londres confirme sa domination, mais la renforce. Les banques implantées au Royaume-Uni monopolisent 36,7 % du gâteau des transactions quotidiennes, contre 34,6 % en 2007. Suivent les États-Unis avec 18 % des volumes, le Japon (6 %) qui récupère sa troisième place cédée en 2007, la Suisse, Hong Kong et Singapour (5 % chacune) et l'Australie (4 %).Rappelons que cette enquête a mobilisé 53 banques centrales qui, le même jour du mois d'avril dernier, ont procédé à des relevés très précis concernant la taille et la structure de leurs marchés des changes nationaux. Autant de données collectées et dépouillées par l'institution de Bâle qui livre les résultats de sa compilation quelques mois plus tard pour permettre aux responsables et aux acteurs des marchés de mieux appréhender le système financier global. La part des monnaies émergentes dans les volumes d'échanges quotidiens s'est accrue, en particulier, celles du won sud-coréen et de la livre turque.

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