Pourquoi Air France-KLM boycotte l'augmentation de capital d'Alitalia

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Alors qu\'il est trop tôt pour savoir si la crise politique italienne  aura des conséquences sur Alitalia, la compagnie italienne est focalisée sur le conseil son prochain conseil d\'administration prévu ce jeudi. Celui où les actionnaires devront valider leur souscription à l\'augmentation de capital de 100 millions d\'euros (ainsi qu\'à la dernière tranche de 55 millions d\'un emprunt convertible de 150 millions annoncé début 2013) décidée jeudi dernier lors d\'un précédent conseil. Sortiront-ils leur chéquier comme prévu? Rien n\'est moins sûr. Même pour ceux qui ont voté favorablement. En tout cas, le plus important d\'entre eux, Air France-KLM, actionnaire à hauteur de 25%, ne participera pas à cette recapitalisation.Mesures insuffisantesLes quatre administrateurs représentant le groupe français au conseil d\'Alitalia (parmi lesquels figure l\'ancien PDG Jean-Cyril Spinetta) ont tous voté contre jeudi dernier. Mais, selon un connaisseur du dossier, ils n\'ont pas voté contre le principe même d\'une augmentation d\'Alitalia en raison d\'un manque d\'informations ou pour ne pas alourdir sa propre dette comme la presse l\'a indiqué, mais contre le plan de restructuration et le plan financier d\'Alitalia, lesquels, selon eux, sont insuffisants pour garantir la pérennité de la compagnie italienne. En effet, pour Air France-KLM les mesures de ce plan ne résolvent en rien les problèmes d\'Alitalia. L\'augmentation de capital est en effet jugée insuffisante alors que les mesures proposées, plutôt que de réduire la dette d\'Alitalia (plus 900 millions d\'euros) auraient même pour conséquence de l\'augmenter. Bref, six mois après avoir participé à un prêt à Alitalia, Air France-KLM ne veut pas remettre à nouveau au pot dans un projet qu\'il juge inefficace. Le périmètre d\'Alitalia est encore trop importantSelon nos informations,  Air France-KLM estime en effet que le plan de restructuration d\'Alitalia, présenté fin juillet par la direction, conserve un périmètre de la compagnie encore trop important. La réduction de la flotte moyen-courrier n\'est pas assez forte et la volonté d\'augmenter le réseau long-courrier (et donc le nombre de gros-porteurs), déjà dans le rouge, est jugée pour le moins inopportun. Du coup, Air France-KLM redoute que ce plan sera insuffisant et qu\'un nouveau sauvetage sera nécessaire dans plusieurs mois. Le groupe français a déjà fortement contribué en février au prêt sollicité par la direction pour passer l\'année. Or, cet argent qui devait remettre Alitalia sur les rails n\'a servi à rien. Au contraire. Les pertes se sont creusées. La perte nette du premier semestre s\'est élevée à 294 millions d\'euros contre 201 millions au cours de la même période de l\'année précédente. La perte d\'exploitation est quant à elle passée de 169 millions à 198 millions pour un chiffre d\'affaires en recul de 4%, à 1,621 milliard d\'euros. La liquidité totale disponible de la compagnie s\'élevait fin juin à 128 millions. Aujourd\'hui, la trésorerie serait très tendue.Les banques à la rescousse? Le salut d\'Alitalia viendra-t-il des banques?  Sous la pression de L\'Etat sur une ou plusieurs banques pour qu\'elles accordent un prêt relais garanti par Rome ? Jeudi dernier en effet, dans un entretien à Il Sole 24, le ministre italien du Développement économique, Flavio Zanonato déclarait : \"il n\'est pas dit que seuls les Français puissent mettre du capital. Nous travaillons à une solution-relais impliquant des banques. L\'entreprise doit être défendue financièrement pour pouvoir mettre en oeuvre le plan de restructuration du management et revenir avec la capacité de conclure une alliance dans une position de force\", a-t-il ajouté. Sur le papier, la solution bancaire peut aussi passer par la décision d\'une banque actionnaire d\'Alitalia d\'accepter d\'injecter 150 millions ou plus. 

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