La Bourse de Moscou sous l'oeil vigilant du Kremlin

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La Berd a visiblement causé une grosse frayeur au gendarme boursier russe en proposant, en juin dernier, de reprendre la participation de la banque d'investissement russe KIT Finans dans la Bourse RTS. Trois mois plus tard, voilà que le régulateur accouche d'une proposition de loi obligeant les étrangers à obtenir préalablement un blanc-seing des autorités russes avant de procéder à toute acquisition d'une infrastructure financière locale. La banque européenne était prête à payer un prix trois fois supérieur (environ 55 millions d'euros pour 10 % des parts) à celui de la dernière transaction effectuée sur le capital du RTS, la Bourse moscovite cotée en dollars et par conséquent préférée par les fonds internationaux. L'appétit de la Berd a immédiatement été frustré par le régulateur de la Bourse russe (FSFR) ainsi que par le FSB (ex-KGB), qui ont tous deux écrit au premier ministre, Vladimir Poutine, pour avertir que l'entrée au capital d'étrangers présentait un danger pour la future fusion du RTS avec son concurrent Micex (l'autre bourse moscovite, cotée, elle, en roubles). « décision politique »En retour, le ministre des Finances, Alexeï Koudrine, a enjoint KIT Finans de « chercher de préférence un acquéreur russe ». Tâche à laquelle la banque s'est docilement attelée, mais sans résultat. Aucun des groupes sollicités (Sberbank, VTB, Gazprombank, VnechEkonomBank ou le Micex) n'ont répondu positivement. En toile de fond de cette passe d'armes, la volonté du Kremlin de faire de Moscou un grand centre financier international. La Berd s'est déjà préparée à cette fusion. À la mi-septembre, son directeur, Thomas Mirow, a adressé une lettre en ce sens à Vladimir Poutine et au ministre des Finances, Alexeï Koudrine. Mais selon le quotidien « Vedomosti », « il faudrait une décision politique, qui n'a pour l'instant pas été prise » pour que la Berd puisse prendre une part de RTS.Bien entendu, les autorités russes ne sont pas obnubilées par le désir de tenir les étrangers à l'écart. Le Kremlin sait que de gros efforts doivent être déployés, au contraire, pour attirer les capitaux étrangers, condition sine qua none à la constitution d'un centre financier capable de rivaliser avec les grandes Bourses européennes. Le président, Dmitri Medvedev, a ainsi ordonné au maire de Moscou d'améliorer les infrastructures de la ville afin de la rendre plus attractive auprès des financiers. L'épouvantable congestion des transports publics et privés agace les habitués pourtant endurcis de Wall Street. Emmanuel Grynszpan, à Moscou

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