Le budget portugais, nouvelle étape du "marathon de l'austérité"

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« Le Portugal est engagé dans un marathon. Et l\'on s\'approche du kilomètre 30 qui exige ténacité, discipline, entrainement et force de volonté pour ne pas abandonner. C\'est le plus grand défi pour les athlètes. Et il en est de même pour le programme d\'ajustement ». Avec cette parabole du \"mur du kilomètre 30 du Marathon\", Vitor Gaspar, le ministre des finances, a voulu pour inciter les Portugais à un nouvel effort collectif. Le projet de loi de finances qui sera examiné et voté les 30 et 31 octobre contraint l\'État à trouver 4,3 milliards d\'euros de recettes supplémentaires en 2013, s\'il veut atteindre les objectifs fixés par la troïka - le Fond monétaire Internationale, la Banque Centrale Européenne et l\'Union Européenne. Plus d\'impôtsL\'option retenue est sans réelle surprise : plus d\'impôts et plus d\'impôts pour tous, pour engranger 3 milliards d\'euros. Une échelle fiscale réduite de 8 à 5 échelons, et une surtaxe de 4 % pour tous seront les moyens d\'y parvenir. La logique de l\'austérité, voulue par l\'Allemagne et Bruxelles n\'a pas dévié. Alors que le FMI lui-même tire la sonnette d\'alarme : sans mesures de relance de la compétitivité, le Portugal ira dans le mur. Le Portugal sans marge de manœuvre.Les calculs de Vitor Gaspar reposent entre autres sur une contraction de 1 % du PIB, après 3 % cette année. Mais la prévision est qualifiée de peu réaliste, les nouvelles réductions du pouvoir d\'achat des Portugais risquant fort d\'entrainer un nouveau cycle peu vertueux de récession. Sous la pression du FMI, le ministère des finances a dors et déjà augmenté le coefficient régulateur qui permet de corriger les donnés en tenant compte de l\'impact de la récession sur l\'économie. Il est passé de 0,5 à 0,8 %. D\'autres facteurs rentrent en ligne de compte : le retard pris dans les dossiers de privatisation, comme notamment celui de la compagnie aérienne TAP, ou les discussions sur les renégociations des partenariats publics privés. Vitor Gaspar a beau marteler que le programme d\'assistance économique et financière se déroule de la meilleure manière, les portugais sont de moins en moins disposés à le croire.Un seuil de tolérance au plus basLa maladresse du premier ministre Pedro Passos Coelho annonçant début septembre une forte augmentation des cotisations sociales salariales en même temps qu\'une baisse de celles du patronat coûte cher à l\'exécutif. Elle marque la fin de la tolérance possible à cette austérité planifiée. Le prolongement programmé du plan d\'ajustement, le nouveau choc fiscal, les difficultés financières des ménages, le chômage pour 16 % de la population active et l\'angoisse de perdre sont travail pour tous les autres minent littéralement la résignation relative. De nouveaux appels à manifester devant le parlement au moment du vote du budget sont lancés pour le 31 octobre. Alors que la CGTP a appelé à la grève générale le 14 novembre. Les Portugais renâclent, mais l\'austérité sera une nouvelle fois entérinée.  

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