Moscou va aider les compagnies étrangères à acheter le Sukhoi Superjet 100

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La Russie se décide à adopter des solutions financières pour stimuler les ventes, comme les autres grandes nations aéronautiques. Le premier ministre russe Dmitri Medvedev a franchi le pas en s’adressant hier au directeurs de la VnechEkonomBank réunis dans sa résidence officielle de Gorki. « Nous devons décider aujourd’hui de financer la vente de Sukhoi Superjet 100, en ouvrant une ligne de crédit allant jusqu’à 2,5 milliards de dollars pour les acheteurs étrangers de ces appareils », a déclaré Dmitri Medvedev, en précisant que les offres seront examinées au cas par cas. Le premier ministre russe estime que la tâche est d’exporter davantage d’avions russes, tout en respectant les mécanismes de l’OMC, dans laquelle la Russie vient tout juste d’être acceptée. Dmitri Medvedev a rappelé que l’aéronautique constituait une priorité d’Etat.Les autres pays font la même chose« C’est une pratique tout à fait habituelle » confie un expert financier travaillant dans le secteur aéronautique. « Boeing, Airbus et Bombardier fournissent des services financiers aux acheteurs. La France met la Coface à contribution pour améliorer les ventes d’Airbus. Les compagnies aériennes sont très frileuses actuellement, c’est pourquoi les services financiers sont tout à fait indiqués pour les constructeurs ».« Les autres [pays d’où sont originaires les constructeurs] font pareil, mais dans le cas du Superjet, c’est un appel désespéré », raille un négociant russe de pièces détachées aéronautiques.Le Sukhoi Superjet 100 est le premier appareil civil conçu par la Russie en 20 ans et revêt à ce titre une importance politique très forte pour me Kremlin. Son développement (hors moteur) a coûté 1,4 milliards de dollars, financés en partie directement par le budget russe et le reste par des sociétés publiques. Le prix catalogue de l’appareil est de 27 millions de dollars, mais il se négocie dès 24 millions de dollars. 246 commandesA l’heure actuelle, 246 appareils ont été commandés, plus 104 options, mais aucun contrat n’a été signé depuis janvier dernier. 11 ont été livrés, dont 10 à Aeroflot, la compagnie de lancement. Marc Sorel, directeur pour la Russie de Safran (qui fournit le moteur SAM 146 du Superjet), estime que « 400 appareils seront vendus à coup sûr dans le monde, et peut-être 400 supplémentaires avec un bon marketing. » Les commandes pour le Superjet viennent de Russie ou de pays proches alliés de Moscou. Seule exception : les 20 appareils commandés par le Mexicain Interjet, qui en recevra 4 à 6 exemplaires en 2013. Pour Marc Sorel, « La livraison à Interjet sera le vrai test pour le succès à l’export ».

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