La crise rattrape les entreprises à forte croissance

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Même les entreprises de croissance souffrent. C'est le principal enseignement de la deuxième édition du baromètre CroissancePlus-Astorg Partners réalisé en partenariat avec « La Tribune » et BFM Radio. En effet, si 53 % des entreprises de croissance estiment que l'impact de la crise est faible sur leur activité, si les deux tiers d'entre elles considèrent que leur activité a augmenté (33 %) ou est stable (33 %) par rapport à septembre 2008, 44 % d'entre elles ont néanmoins revu leurs objectifs à la baisse depuis le début de l'année. Elles étaient 39 % dans ce cas lors de la précédente édition du baromètre, publiée en juillet.Pires, elles ne sont que 15 % à avoir augmenté leurs objectifs. Une proportion peu conforme avec le rythme habituel des entreprises de croissance (voir graphique ci-contre).Sur les six derniers mois, cette perte de vitesse des entreprises de croissance est également palpable. Si une majorité d'entrepreneurs a atteint (47 %) ou dépassé (14 %) ses objectifs, ils sont 39 % à ne pas les avoir remplis. Résultat, l'investissement est en berne, même si 17 % seulement des dirigeants interrogés affirment avoir été confrontés à des difficultés de financement. « Mais ce chiffre ne reflète pas du tout la réalité ! Il signifie simplement que les chefs d'entreprise ont renoncé à présenter des projets à financer », explique Frédéric Bedin, le président de CroissancePlus. Même morosité du côté de l'emploi. Seuls 36 % des dirigeants interrogés ont réalisé les embauches prévues au cours des six derniers mois et 17 % d'entre eux ont supprimé des postes.l'innovation résisteUltime point positif, l'innovation résiste. Selon le baromètre, 91 % des dirigeants admettent avoir alloué autant (66 %), voire plus (25 %) de ressources à la recherche et développement qu'en juillet. « Cette volonté d'innover est le dernier facteur de différenciation entre les entreprises de croissance et les entreprises classiques. Il faut impérativement que les pouvoirs publics soutiennent activement ces entreprises et favorisent leur développement », complète-t-il, reprenant notamment une idée émise par Christian Estrosi, le ministre de l'Industrie, de compléter le crédit d'impôt recherche par un crédit d'impôt innovation qui prendrait en compte l'innovation portant sur le produit, les process ou encore le marketing par exemple.« Si, à première vue, les résultats du baromètre paraissent corrects, il ne faut pas oublier que l'on parle ici d'entreprises qui gagnent normalement 15 ou 20 points de croissance sur leur chiffre d'affaires chaque année », rappelle Frédéric Bedin.Dans ce contexte délicat, quelles sont les perspectives d'entreprises que le gouvernement voit comme les champions de demain ? Compte tenu des incertitudes actuelles et à venir, il est difficile de le dire clairement. Elles sont 47 % à se déclarer confiantes en ce qui concerne les perspectives de l'économie mondiale sur les douze prochains mois et 41 % pour celles de l'économie française. Si 39 % tablent sur une hausse de leur activité lors des six prochains mois, elles sont 14 % à envisager une diminution. Alors que l'absence de reprise de l'économie est le premier sujet d'inquiétude pour 53 % des dirigeants, ils sont 79 % à se dire confiants quant à l'activité de leur entreprise, dont 12 % très confiants. Pourtant, leurs prévisions d'investissements pour les six prochains mois restent moyennes : 27 % d'entre eux prévoient de les augmenter et 62 % envisagent de les stabiliser.

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