Abcès au logement

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La Fondation Abbé-Pierre a donné les chiffres hier : il y a en France 100.000 SDF, trois millions et demi de mal-logés (dont 600.000 enfants) et 6,6 millions de personnes en situation très fragile. Cela veut dire, pour chacune des personnes concernées, promiscuité, insalubrité, insécurité, maladies. Face à cette situation, qui non seulement dure mais empire, que fait l'État ? Il persévère dans une politique qui ne marche pas. Les ministres du Logement passent et laissent leur nom à un ou plusieurs dispositifs de détaxation des investissements (Scellier, Besson, Borloo, Périssol, Robien) dont on voit bien l'effet sur le patrimoine des ménages aisés, mais pas sur les affres des mal-logés. Dans le budget 2010, dix « niches pour investisseurs » coûtent en tout 638 millions d'euros. La détaxation de l'épargne logement et les prêts à taux zéro, à destination surtout des classes moyennes, pèsent 1,5 milliard. La dotation aux HLM, en comparaison, n'est que de 700 millions d'euros. L'idée que le privé est plus efficace que le public, qu'il est donc sain, pour favoriser le logement des plus pauvres, de subventionner les plus riches afin qu'ils investissent dans la pierre, ne résiste pas à l'expérience. Benoist Apparu, le secrétaire d'État au logement, admet lui-même que 75 % de ces investissements vont là où l'on en a pas besoin. Ils sont purement spéculatifs. Il faut arrêter d'amuser la galerie avec des mesures inapplicables comme le droit opposable au logement. La navrante vérité est que le logement n'est pas une priorité politique aujourd'hui dans notre pays. Il suffit de voir le poids des ministres qui s'en occupent. Christine Boutin l'a expliqué avec amertume après son renvoi du gouvernement. Augustin Legrand, l'animateur des Enfants de Don Quichotte, disait hier sur France Info que les préfets ne font pas le travail minimum consistant à constater l'insalubrité des logements pour obliger les propriétaires à y effectuer des travaux. Le faire ne coûterait pas un sou de plus à l'État.sgherardi@latribune.frSophie Gherard

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