Lycée : la réforme relance la guerre des programmes d'économie

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Avec la mouture Chatel de la réforme du lycée, on croyait la hache de guerre sur les programmes d'économie enterrée. Il n'en est rien. La mise en ligne par le ministère de l'Education nationale de ses projets de programmes pour la classe de seconde a réactivé la polémique suscitée en 2008 par le rapport Guesnerie. Ce dernier préconisait notamment de familiariser les lycéens avec le monde de l'entreprise et critiquait un enseignement qui mettait " plus l'accent sur les problèmes de notre société " (chômage, précarité) et " peu sur ses réussites ". Prudente, l'Apses (Association des professeurs de sciences économiques et sociales), plus occupée à défendre la place réservée à sa discipline (cette option de 3 heures hebdomadaires, choisie par 43 % des élèves de seconde, va devenir, comme l'économie-gestion, un enseignement exploratoire d'1h30) estimait cependant récemment que " ce procès en idéologie de la part du patronnat " restait " sous-jacent ".enjeuxEt de fait, les programmes soumis à consultation jusqu'au 12 mars cumulent les défaut. " L'apprentissage d'outils plus abordables par des étudiants du supérieur est privilégié aux dépens des notions clés " , critique Marjorie Galy, vice-présidente de l'Apses, qui craint un effet " repoussoir " auprès de jeunes de 15 ans, peu enclins à saisir les charmes des élasticités ou des courbes de coût marginal. Des sujets tels le chômage, la famille ou les investissements dans les entreprises disparaissent. L'association nationale des professeurs d'économie et gestion (Apceg), elle, dénonce des programmes " trop lourds ", " trop dogmatiques " qui " gomment tous les enjeux du monde contemporain " et qui ne mettent pas en perspective " les savoirs de gestion ". Conséquence dommageable commune à ces deux enseignements exploratoires : " Nous ne sommes plus dans une logique d'exploration !" constate Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT qui regrette que la réforme du lycée soit l'occasion de " régler de vieux comptes idéologiques ". De son côté le Snes-FSU dénonce une démarche " microéconomique standard " alors que les organisations lycéennes (UNL, FIDL) soupçonnent un " formatage cérébral" destiné à " ne pas éveiller l'esprit critique ".La semaine dernière, le nouveau directeur général de l'enseignement scolaire, Jean-Michel Blanquer, cité par l'agence spécialisée AEF, démentait toute " approche idéologique " et rappelait que l'objectif de la consultation est " de tenir compte des observations ". Le respect ou non de cet engagement " sera un test ", prévient déjà Thierry Cadart. L'Apses compte pour sa part proposer un " programme alternatif " dans quinze jours.

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