Prudential prend le grand large

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La révolution arrive d'où on ne l'attendait pas. Du Royaume-Uni, où les grandes compagnies d'assurances paraissaient avoir abandonné toute volonté de leadership à leurs trois compétiteurs continentaux, Allianz, Axa et Generali. L'achat par Prudential, d'AIA, la filiale asiatique de l'américain AIG, pour 26,3 milliards d'euros suivie d'une augmentation de capital quasi équivalente à sa capitalisation (14,7 milliards d'euros), replace le britannique dans le peloton de tête des grands assureurs mondiaux. Derrière les nouveaux géants, chinois certes, mais à égalité ou presque avec l'allemand et le français, et devant l'italien. Surtout, il permet au britannique de faire coup double. Il propulse la compagnie hors de son marché domestique, sur lequel les assureurs sont globalement à la peine. Et il lui assure une incontestable avance en Asie, dont il tirait déjà près de la moitié de sa croissance (44 % de ses affaires nouvelles l'an dernier, contre 31,5 % aux États-Unis et 24,8 % en Grande-Bretagne). Prudential est désormais le premier assureur sur sept marchés d'Extrême-Orient et le premier étranger en Chine et en Inde. Après sa fusion avec AIA, ce sont 60 % de ses profits qui proviendront d'Asie. Ce nouveau tropisme confirme, en tout cas, l'irrésistible engouement de la place de Londres pour l'Asie. Les banques HSBC (qui a décidé de transférer le siège de son directeur général à Hong Kong) et Standard Chartered avaient ouvert la voie. L'assurance suit aujourd'hui. Les Continentaux, qui tablaient sur un retour de la Grande-Bretagne au bercail européen en raison de la crise, seront déçus. Le Royaume-Uni privilégie toujours l'air du grand large. Il a seulement changé de destination. pagay@latribune.frpar pierre-Angel gay

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