Les communes allemandes réclament l'aide de Berlin

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Les communes allemandes sont proches de l'asphyxie. Certes, l'accord qui a été signé ce week-end avec le syndicat des fonctionnaires territoriaux a permis de limiter les exigences des salariés. Ces derniers devront se contenter d'une hausse de 3,5 % sur deux ans de leur rémunération, alors qu'ils réclamaient 5 %, et ces réévaluations seront « lissées » sur vingt-six mois. En 2010, les communes n'augmenteront leurs deux millions de salariés que de 1,2 %. Mais les administrations communales ne proposaient que 2,3 % de hausse sur deux ans. Il y aura donc un surcoût, qui est estimé par les communes à 1,1 milliard d'euros cette année et 1,3 milliard d'euros l'an prochain. Du coup, dès dimanche soir, la fédération des communes et villes d'Allemagne a réclamé l'aide de l'État fédéral. « Notre situation financière était déjà catastrophique avant cet accord. Elle est devenue à présent encore plus difficile », a résumé son président, Gerd Landsberg.chute vertigineuseIl est vrai que la crise a frappé de plein fouet les finances des municipalités allemandes, qui étaient pourtant un des piliers de la solidité financière du pays. Jusqu'en 2008, les excédents des villes permettaient d'ailleurs de compenser en partie le déficit chronique de l'administration fédérale. En 2008, ce surplus financier avait atteint 8,4 milliards d'euros ; en 2009, leur déficit s'est élevé à 7,5 milliards d'euros. La chute est vertigineuse et s'explique par une forte dépendance à la taxe professionnelle, qui représente 44 % des recettes municipales. Avec un PIB en recul de 5 % en 2009, les revenus des communes ont ainsi baissé de 13 %, tandis que leurs dépenses continuaient de grimper de 5,6 %. Car les municipalités doivent payer plusieurs aides sociales, notamment celles aux handicapés, ou l'allocation logement des chômeurs de longue durée. Or, avec la crise, ces dépenses progressent. D'où un effet de ciseaux inquiétant, que l'accord salarial aggrave encore un peu.La crise pourrait donc redistribuer les cartes du fédéralisme allemand. Jeudi, une commission se réunira pour réétudier les compétences communales. Gerd Landsberg entend obtenir la prise en charge par la fédération d'une partie des dépenses sociales imputées aux communes. Mais une épée de Damoclès demeure suspendue au-dessus des finances municipales : les baisses d'impôts de 20 milliards d'euros encore exigées pour 2011 par les libéraux et qui pourraient encore tailler dans leurs recettes.Romaric Godin, à Francfort

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