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Sarkozy affaibli aiguise les appétits à droite

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Publié le 02 avril 2010 à 06:59 - Mis à jour le 02 avril 2010 à 06:59

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La scène se déroule mercredi soir lors de la réception des députés UMP à l'Élysée. Jacqueline Irles, élue des Pyrénées-Orientales, s'adresse à Nicolas Sarkozy. « Je lui ai dit que, pendant sa campagne, il avait suscité un espoir exceptionnel et que là, on a l'impression que le désamour est proportionnel à l'espoir qu'il avait génér頻, raconte-t-elle à sa sortie du palais présidentiel. Elle précise avoir ensuite demandé au chef de l'État ce qu'il comptait faire pour remonter sa cote d'amour. Selon un des collègues de Jacqueline Irles, Nicolas Sarkozy a alors répondu : « Je ne suis pas là pour être aimé ou mal aimé, je suis là pour faire. » Faire et réformer encore et toujours, malgré la défaite cinglante des régionales, malgré la fronde de la majorité, qui a déjà eu raison de la taxe carbone et de l'ouverture. Et espérer que l'opinion se retournera avant la fin 2011, que les Français sauront gré au chef de l'État au moment du choix sur une nouvelle candidature élyséenne. Parce que aujourd'hui le « désamour » est réel. Les Français ne sont plus que 28 % à approuver son action, selon le baromètre TNS Sofres pour « Le Figaro magazine » qui paraît ce samedi. Et une majorité de Français (58 %), sondés avant le second tour des régionales par Ipsos, souhaitent que le chef de l'État ne se représente pas en 2012.Nicolas Sarkozy, le maître de l'UMP, celui qui avait uni son camp derrière une seule bannière, le champion aux 31 % des voix du premier tour de la présidentielle de 2007, serait donc affaibli et déjà contesté ? Le chef de l'État lui-même a demandé mercredi à ses troupes de ne pas anticiper le débat sur la présidentielle de 2012.Ses fidèles sont aussitôt montés en défense, à l'image du ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, qui a souligné que Nicolas Sarkozy restait « le dénominateur commun » de la droite. Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP, a rappelé aux prétendants que la règle des primaires, qui fait tellement rire à droite quand elle concerne le Parti socialiste, s'appliquerait tout aussi durement à la majorité, y compris à Nicolas Sarkozy. Autrement dit, celui qui se risquerait à défier le président sortant pourrait bien être humilié dans un processus militant de désignation...À droite, personne n'ose vraiment envisager une candidature alternative à celle du chef de l'État. Mais le directeur général d'Ipsos, Jean-François Doridot, relève que plus d'un quart des électeurs de Nicolas Sarkozy en 2007 ne souhaitent pas qu'il se représente, ce qui peut « réveiller un certain nombre d'ambitions ». D'autant plus que le chef de l'État, quand ce n'est pas son père ou son épouse Carla, entretient lui-même le doute sur sa détermination à briguer un second mandat.Les instituts de sondage ont été sollicités pour étudier les différents scénarios. Il se dégage des enquêtes une percée de Dominique de Villepin et une consolidation de François Fillon. Ainsi, selon un sondage TNS Sofres-Logica pour « Le Nouvel Observateur », à la question : « Qui préféreriez-vous comme candidat de la droite à l'élection présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy ou François Fillon ? », 52 % des personnes interrogées placent en tête le Premier ministre, contre 28 % le président de la République. Alain Juppé (42 %) est également préféré au président (38 %) par les Français, ainsi que Dominique de Villepin, à 44 % contre 38 % pour Nicolas Sarkozy. Mais le chef de l'État a la préférence des sympathisants UMP (72 %) face au maire de Bordeaux (22 %) ainsi que face à Dominique de Villepin (80 % contre 15 %). Ce qui fait dire au directeur général adjoint de TNS Sofres-Logica, Brice Teinturier, que Nicolas Sarkozy « reste un excellent candidat de la droite ».Dans la « drôle de guerre » qui débute toutefois, les éventuels prétendants à la magistrature suprême ont en main des atouts bien différents. François Fillon est le plus redoutable, Premier ministre populaire, aimé des élus de terrain. Avec en pointillé son étrange relation avec Nicolas Sarkozy, faite de loyauté et de défiance mêlées. « François Fillon et moi, on travaille tous les jours ensemble. J'ai une totale confiance en lui. Ce ne sont pas les journalistes qui nous brouilleront », a lancé mercredi Nicolas Sarkozy. Le chef de l'État est notre « candidat naturel » pour 2012, ne cesse de répéter François Fillon. Nicolas Sarkozy a pourtant refusé à son Premier ministre le large remaniement qu'il lui demandait après la déroute des régionales. Et il lui a tout aussi clairement signifié que son bail pourrait prendre fin à l'automne, après la réforme des retraites. Pas question pour Nicolas Sarkozy, en cela très classique président de la Ve République, d'aider à la transformation du chef du gouvernement en un rival potentiel.Et voilà que, pour remplacer François Fillon, Nicolas Sarkozy songerait à un autre « présidentiable », Jean-François Copé. Le président du groupe UMP de l'Assemblée, « loyal mais libre de parole », s'est rapproché du chef de l'État depuis la défaite du 21 mars. Les deux hommes ont « top頻, affirme-t-on à l'UMP, où on considère que cette « posture » sert le député-maire de Meaux, qui n'a jamais caché qu'il concourait pour la présidentielle de 2017. En arrivant à Matignon, Jean-François Copé pourrait en effet porter un coup d'arrêt à l'ascension de François Fillon.Les choses se compliquent pour Nicolas Sarkozy avec l'irruption de deux anciens seigneurs chiraquiens. À commencer par son rival de toujours, Dominique de Villepin, dont la fureur vengeresse a été décuplée par l'acharnement judiciaire du chef de l'État dans le dossier Clearstream. Le dernier Premier ministre de Jacques Chirac portera son propre parti sur les fonts baptismaux le 19 juin. Préalable indispensable à une candidature à la présidentielle qu'il refuse, au nom du « gaullisme », de faire passer sous les fourches Caudines de primaires internes à l'UMP.Mais le retour de Dominique de Villepin sur l'avant-scène a réveillé le premier des Premiers ministres de Jacques Chirac. Si Nicolas Sarkozy décidait de ne pas se représenter en 2012, Alain Juppé serait prêt à se poser en recours. « J'ai une chance sur dix », s'amuse-t-il à répéter. Bien décidé à ne pas la laisser passer, le maire de Bordeaux relance son club de réflexion France Moderne et n'hésite plus à faire entendre sa différence face à Nicolas Sarkozy. Il faut également compter sur l'ambition affirmée du président du Nouveau Centre, Hervé Morin, qui prépare lui aussi sa candidature pour 2012. Hélène FontanaudNicolas Sarkozy est « notre dénominateur commun ».Pas question de passer par des primaires pour Dominique de Villepin.

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