« La dynamique syndicale engagée pendant le conflit des retraites est cassée »

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STRONG>Jean-Dominique Simonpoli Directeur général de DialoguesLe 1er Mai, les syndicats n'ont pas réussi à mobiliser aussi massivement qu'ils le souhaitaient et ont défilé en ordre dispersé. Est-ce le signe que le conflit des retraites a laissé des traces ?La réforme des retraites a laissé des traces, car la dynamique syndicale engagée pendant le conflit des retraites a disparu. Elle aurait pu jouer sur les questions d'emploi et de pouvoir d'achat. Mais force est de constater qu'elle est cassée. Les syndicats sont repartis chacun de leur côté, même s'il demeure au moins une unité sur le partage de la valeur ajoutée et même s'ils ont une même incompréhension et un même refus de voir le problème du pouvoir d'achat réglé par la prime annoncée par le gouvernement. C'est dommage, car les syndicats étaient sortis de ce conflit avec une image de marque très positive.Comment l'expliquez-vous ?Cela n'a pas marché, parce qu'il leur est difficile de s'engager dans une unité syndicale plus pérenne, nécessitant de travailler sur des positions communes. Or, ils sont vite tombés dans les élections professionnelles organisées dans les entreprises. Quels sont les sujets sur lesquels les syndicats peuvent faire entendre leur voix dans la perspective de l'élection présidentielle ?Ils peuvent se faire entendre sur la gouvernance des entreprises et la façon dont les décisions sont prises. Cela peut avoir un impact positif, au moment où les partis politiques élaborent leur programme. La question centrale de la loi et du contrat va également se poser. Il convient de savoir quelle place on doit donner aux partenaires sociaux pour les rendre encore plus responsables dans l'élaboration des politiques sociales. Et définir les champs sur lesquels ils doivent intervenir, tout en conservant l'ordre public social. Cette question viendra nécessairement dans le débat, après la présidentielle quelle que soit la couleur politique du prochain président. Cette question peut également être abordée par le biais de la redéfinition des instances représentatives du personnel (IRP). Car, aujourd'hui, il est nécessaire de les redéfinir de manière plus contemporaine. Propos recueillis par Isabelle Moreau

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