L'Espagne sort du lot des « pays périphériques »

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La dichotomie opérée par les marchés obligataires depuis le début de l'année entre l'Espagne et les autres pays « périphériques » s'accentue. Alors que les difficultés de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal sont loin d'être résolues malgré leur demande d'aide, Madrid fait de plus en plus figure de bonne élève. Et la quatrième économie européenne, souvent considérée comme le dernier rempart avant une crise systémique de la zone euro, s'attire les faveurs des investisseurs. Évoluant en sens inverse des prix, le taux des obligations d'État à 10 ans espagnol se détendait ce vendredi de 10 points de base en fin de journée à 5,28 %, son plus bas niveau depuis le 14 avril et le début des craintes entourant une restructuration de la dette grecque. La prime de risque par rapport aux titres allemands, tombée à 174 points le 11 avril, s'établit désormais à 202 points, contre 230 points le 18 avril.Endettement modesteLa situation n'est pourtant pas rose de l'autre côté des Pyrénées. Ce vendredi, l'Institut national de la statistique a annoncé que le chômage avait grimpé de près d'un point au premier trimestre, à 21,29 %, son plus haut niveau depuis début 1997. Mais l'Espagne bénéficie d'un atout de poids : le niveau relativement modeste de son taux d'endettement. Selon les dernières prévisions du gouvernement relayées par Europa Press, il devrait se situer à seulement 67,2 % à la fin de l'année, alors que selon les données publiées par Eurostat ce mardi, il atteignait déjà fin 2010 83,2 % en Allemagne, 93 % au Portugal et plus de 140 % en Grèce. Le gouvernement espagnol a en outre pris le taureau par les cornes en termes de déficit budgétaire. Madrid a ainsi annoncé vendredi qu'elle visait un déficit de 2,1 % du PIB en 2014, après les 3 % déjà prévus pour 2013 et les 9,2 % atteints en 2010.Dans un contexte toujours difficile, notamment en raison des atermoiements concernant la finalisation du plan d'aide au Portugal, le Trésor espagnol n'a aucune difficulté à placer sa dette auprès des investisseurs. Ce mardi, les 2 milliards d'euros d'obligations à 3 et 6 mois ont ainsi attiré une demande totale de près de 11 milliards. Contrairement à Athènes, Dublin et Lisbonne, Madrid peut en outre sans difficulté rouler sa dette en émettant à long terme, à l'image des 3,4 milliards d'euros de titres de maturité 2021 et 2024 émis le 20 avril. L'Espagne émettra le 5 mai 3 milliards d'euros de dette à 5 ans. Julien Beauvieux

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