BPCE veut maîtriser l'information

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Si l'argent est le nerf de la guerre, l'information s'impose de plus en plus comme le nerf des affaires. En témoigne l'étude annuelle d'IBM auprès des directeurs financiers, dont 73 % jugent important voire crucial d'assurer une bonne intégration de l'information à travers toute l'entreprise, alors qu'ils n'étaient que 35 % à le penser il y a 5 ans. « Les banques ne font pas exception : elles sont de plus en plus demandeuses de données exhaustives et de moyens d'analyse puissants afin d'exploiter tout leur potentiel », explique Alain Henry, directeur du secteur finance d'IBM France. Ce défi prend une acuité toute particulière pour le nouveau groupe BPCE, né l'été dernier de l'union des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne. « Entre mars et août, l'objectif principal était de réaliser la fusion, donc notre priorité a été de connecter les systèmes d'information (SI) et les entrepôts de données des deux groupes », explique Bernard Gouraud, directeur informatique et technologies de BPCE. Mais depuis août ses services se sont attelés, avec l'aide d'IBM, à la construction d'une nouvelle base de données qui doit rassembler toute l'information dont dispose le groupe, traditionnellement organisée en deux niveaux, par entité (caisses et banques régionales, et filiales) et par type de produit. Ce qui demande une énorme puissance de stockage et d'analyse : « on est passé du terabyte au petabyte, soit un million de milliards d'octets », précise Alain Henry.s'approprier les outils« L' enjeu est de doter le groupe d'un entrepôt de données décloisonné et harmonisé regroupant les clients, leurs comptes et leurs produits avec un historique et les comptes-rendus d'entretien », détaille Bernard Gouraud. Des informations concrètes dont le groupe s'est servi pour objectiver les réflexions sur son plan stratégique à l'horizon 2013 et les projections financières qui le structurent. L'analyse et le traitement de l'information client doivent notamment permettre à BPCE de mieux piloter son développement commercial en affinant sa connaissance du marché, par exemple à travers des estimations de parts de marché, et en facilitant les comparaisons intra-groupe, facteur clé d'émulation. A condition toutefois que les dirigeants s'approprient l'outil. « Nous avons proposé des formations et mis en oeuvre des tableaux de bords de restitution et d'analyses d'informations qui ont permis aux dirigeants de tirer le meilleur parti des données commerciales et financières du groupe », explique Alain Henry. Mais la maîtrise de l'information est tout aussi essentielle au pilotage financier et à la gestion des risques, notamment dans l'optique du cadre prudentiel de Bâle 2. « Nous disposons d'archives de données permettant la comparaison des défauts de paiement constatés par rapport à la prévision réalisée quelques années plus tôt ; ceci permet d'améliorer en permanence la qualité de notre offre et d'ajuster nos besoins en fonds propres », note Bernard Gouraud. Une démarche qui permet d'optimiser l'allocation du capital au sein du groupe, donc, in fine, sa rentabilité. Benjamin Jullie

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