Le RSA victime de sa trop grande complexité

Pas moins de cinq pages. Avec des questions classiques sur la situation familiale ou professionnelle. Et d'autres nettement plus pointues, comme celle portant sur la demande de dispense de l'obligation d'exiger une pension alimentaire de ses parents « sur le fondement des articles 203 et 371-2 du Code civil ». Le tout devant être rempli « en noir, en lettres majuscules et avec les accents » et s'accompagner d'une série de documents plus ou moins longue en fonction de la situation du demandeur. parcours du combattantPas de doute, un an après la création du dispositif, demander à bénéficier du revenu de solidarité active (RSA) relève encore du parcours du combattant. Une complexité qui explique, en grande partie, que la montée en puissance du RSA n'ait pas été aussi rapide que ne l'avait imaginé son créateur, Martin Hirsch. Avec 1,44 million de foyers bénéficiaires à la fin mars, le transfert du RMI vers le RSA « socle » s'est effectué sans difficulté. En revanche, le volet RSA « activit頻, qui visait à donner un complément de revenu oscillant entre 100 et 150 euros par mois aux travailleurs pauvres, ne concerne encore que 613.000 foyers. Soit 35 % du public visé quand Martin Hirsch, alors Haut Commissaire aux Solidarités actives, promettait de parvenir à 90 % au bout d'un an. La complexité du formulaire de demande n'est évidemment pas seule en cause. « Malgré les campagnes d'information, il y a encore des gens qui ne savent pas qu'ils peuvent en bénéficier. D'autres, qui travaillent, craignent d'être stigmatisés en percevant une allocation sans comprendre l'enjeu des 100 à 150 euros de revenus supplémentaires qu'ils pourraient percevoir », détaille Marc-Philippe Daubresse, le ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives, qui a pris, en mars, le relais de Martin Hirsch. Même s'il parie sur une montée en charge progressive du RSA « activit頻 sur plusieurs années, Marc-Philippe Daubresse a engagé un chantier de simplification du dispositif. L'ensemble du réseau des caisses d'allocations familales, qui traitent les demandes, pourrait adopter prochainement des déclarations simplifiées imaginées par certaines caisses. Une négociation est en cours entre le gouvernement et la caisse nationale pour trouver les financements nécessaires au changement de logiciel. Parallèlement, une campagne de sensibilisation est menée auprès des organismes HLM, du 1 % logement et des collectivités locales pour qu'elles servent de relais auprès des bénéficiaires potentiels du RSA dont le profil est souvent proche de leur public.

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