La crise financière décourage les paris sur les ressources naturelles

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En apparence, les matières premières ont suivi les marchés actions durant le mois de mai. Avec un recul de 8 %, l'indice Reuters/Jefferies CRB affiche le même recul que celui du marché action américain ou français. Même si cette performance cache des disparités, puisque certains métaux comme le nickel ou le plomb abandonnent plus de 16 % alors que le gaz naturel progresse de 3 %. En revanche, un autre indice moins financier propose un tableau nettement plus sombre. Il s'agit de l'indicateur calculé par le Journal of Commerce, qui rassemble 18 matières premières échangées aux Etats-Unis, aussi variées que la toile de jute, l'acier ou les côtes de boeuf. Sur le mois de mai, cet indice a plongé de 57 %. Selon certains intervenants du marché américain, cet indice plus réel que les marchés dérivés de matières premières parce qu'il n'intègre aucun pari financier, serait le signe d'un nouveau ralentissement de la croissance et présagerait de nouvelles difficultés pour la croissance de l'industrie.Une théorie que les grandes banques, souvent très impliquées dans les marchés dérivés de matières premières, ont tendance à réfuter par la voix de leurs stratèges. Pourtant, devant les performances modestes de l'énergie ou des métaux, certains analystes des mêmes banques commencent à s'inquiéter sérieusement pour les perspectives des ressources naturelles.incertitudes ambiantes Le ralentissement de l'appétit chinois pour les minerais ou les hydrocarbures fait craindre un recul des cours pour les matériaux dont la production semble suffisante à court terme, comme le zinc ou le nickel par exemple. Les métaux industriels inquiètent tout particulièrement l'équipe matières premières de la Deutsche Bank, qui estime que le ralentissement de la croissance en Europe pourrait avoir un effet négatif sur les prix. Selon l'autorité de régulation américaine des dérivés, la CFTC, les positions longues sur les matières premières, qui sont autant de paris à la hausse sur l'évolution des cours, ont fortement chuté. Sur les trois dernières semaines, le nombre de paris de ce type a sombré de 33 %. Pour le baril de pétrole, les attentes sont tombées encore plus rapidement : la semaine dernière, les positions longues ont chuté de 5 % sur le West Texas Intermediate. Dans ce contexte, seul l'or semble échapper aux incertitudes ambiantes. Après le sommet de 1249 dollars par once, certains spécialistes ont revu leurs prévisions de prix à la hausse : la Deutsche Bank verrait bien l'once se traiter à 1.450 dollars par once en 2011. n

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