Les banques européennes, premières victimes de la crise des dettes publiques

 |   |  527  mots
Les banques sont encore à la peine sur les marchés. En France comme ailleurs en Europe, les institutions financières, pourtant sous-évaluées, sont toujours considérées avec beaucoup de prudence. Ce mardi, BNP Paribas a encore perdu 0,7 %, Société Généralecute; Générale 2,47 % et le Crédit Agricolegricole 1,85 %. Depuis l'intensification de la crise grecque mi-avril, l'indice Stoxx 600 des valeurs bancaires a perdu 17,5 %. Les sujets d'inquiétude ne manquent pas. A en croire le rapport semestriel sur la stabilité financière de la BCE, les banques de la zone euro risquent d'être confrontées à une nouvelle vague de dépréciations massives en 2010 et 2011 (pour 195 milliards d'euros). Les grandes banques de la zone euro devront en outre refinancer 800 milliards d'euros de dettes à long terme entre mai 2010 et fin 2012. Compte tenu des besoins accrus de financement des Etats, elles peuvent s'attendre à une hausse de leurs coûts de financement, prévient la BCE. « Les émissions d'obligations bancaires sur le marché primaire se sont pratiquement arrêtées en mai alors que s'intensifiaient les inquiétudes des marchés au sujet du risque souverain au sein de la zone euro », souligne l'institution. Du coup, « alors qu'elles étaient valorisées non loin de leurs fonds propres en début d'année, leur «price to book ratio» est descendu à 0,67 », explique Alex Koagne, analyste bancaire chez Natixis. La valorisation des banques était descendue jusqu'à 0,3 - 0,4 fois leurs fonds propres au plus fort de la tourmente financière. En fait, depuis le début de la crise grecque, les difficultés se sont accumulées. A l'incertitude sur l'impact du durcissement de la régulation - et notamment des exigences en fonds propres accrues dans le cadre de Bâle III - et à l'impact de la crise économique, se sont ajoutées les craintes liées à la détention massive d'obligations souveraines par les banques. Celles-ci porteraient en effet environ 50 % de la dette des Etats de la zone euro. Dès lors, rien d'étonnant à ce que les incertitudes autour des modalités d'application du plan de sauvetage de 750 milliards d'euros et les dissensions au sein de la BCE sur les mesures exceptionnelles de soutien pèsent sur l'ensemble du secteur. « Le retour de la confiance sur les banques dépendra plus de la stabilisation de la situation des souverains de la zone euro que de l'amélioration de leurs fondamentaux », résume un opérateur de marché, qui avoue avoir «très peu de visibilité ». Outre-Atlantique, c'est l'occasion rêvée pour appeler à davantage de transparence sur les résultats des tests de résistance (stress tests) qui seront publiés en juillet par la BCE. Le détail des derniers tests étaient restés confidentiels. Quant aux tensions sur le marché interancaire, si elles n'empêchent plus les banques de se refinancer, elles témoignent elles aussi de cette défiance. Au lieu de prêter leurs liquidités, les banque préfèrent les placer auprès de la BCE des montants qui approchent désormais les niveaux records de l'après-Lehman. nles banques porteraient environ 50 % de la dette des Etats de la zone euro.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :