La gauche cible désormais Sarkozy derrière Woerth

 |   |  494  mots
L'affaire Woerth-Bettencourt est en train de changer de nature, l'opposition concentrant désormais ses attaques sur les liens entre Nicolas Sarkozy et les milieux financiers, à moins de deux ans de l'élection présidentielle.« J'ai frappé là où ça fait mal. » Ségolène Royal est tout sourire jeudi matin dans les studios de BFM-TV. En dénonçant mardi sur TF1 le « système Sarkozy corrompu », la présidente de Poitou-Charentes a suscité un tollé parmi les responsables de l'UMP. Mais si la majorité espérait, par la virulence de sa contre-attaque, contraindre la direction du Parti socialiste à se désolidariser de l'ex-candidate à la présidentielle de 2007, c'est raté. « Ce qu'a dit Ségolène Royal, c'est ce que pensent beaucoup de Français : depuis le Fouquet's, tout le monde se rend compte qu'il y a une forme de rapprochement de ceux qui sont actuellement au pouvoir avec le monde de l'argent », a déclaré la première secrétaire du PS, Martine Aubry, au quotidien « Metro ». Et l'ancien Premier ministre, Lionel Jospin, qui est loin d'être un admirateur de Ségolène Royal, a fustigé les relations « presque incestueuses » entre la majorité et le monde des affaires. Martine Aubry a même enfoncé le clou dans une interview à « Paris-Match » en dénonçant « l'arrogance » avec laquelle Eric Woerth traite chaque nouvelle révélation dans le dossier Bettencourt. « Cette affaire met en lumière la dérive d'un système : dans quelle autre démocratie accepterait-on qu'un ministre du Budget soit aussi le trésorier du parti majoritaire ? Que l'épouse du ministre du Budget exerce des responsabilités dans la gestion de la première fortune de France ? » demande la patronne du PS en appelant les élites à « retrouver le sens de la chose publique », car « leur désinvolture choque les Français ».Soumises à ce tir nourri, la majorité tente d'organiser des contre-feux en rappelant les affaires de corruption mises au jour pendant les deux septennats de François Mitterrand ou en s'en prenant à l'homme d'affaires de gauche Pierre Bergé. Ne rien céderSur le fond, Nicolas Sarkozy n'entend rien céder. Il refuse de se séparer d'Eric Woerth, pourtant fragilisé à l'extrême en pleine réforme des retraites. Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, réaffirme ainsi au « Figaro Magazine » que la question de la démission d'Eric Woerth n'a été posée « à aucun moment ». Le chef de l'Etat diffère sa réponse politique à l'automne, lorsqu'il annoncera une « réorganisation » du gouvernement. Mais Nicolas Sarkozy a pu se rendre compte jeudi des dégâts causés dans l'opinion par les affaires impliquant plusieurs membres du gouvernement. En déplacement dans l'Aveyron, le chef de l'Etat a été interpellé sur un marché par un chocolatier qui lui a fait remarquer que « les chocolats, c'est moins cher que les cigares ». Allusion aux 12.000 euros de cigares de Christian Blanc, secrétaire d'Etat en sursis.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :