Bill Gross : "la crise de la dette ne se résoudra pas avec... plus de dette "

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Les investisseurs redoutaient la désormais traditionnelle panique estivale des marchés. Depuis la semaine dernière, ils ont pourtant retrouvé des raisons d\'espérer. « Dans le cadre de son mandat, la BCE est « prête à faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l\'euro. Et croyez-moi, ce sera suffisant », a affirmé avec force Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), en fin de semaine dernière. Lundi, c\'était au tour de Jean-Claude Juncker, le Président de l\'Eurogroupe de s\'exprimer dans Le Figaro : « Nous agirons ensemble avec la BCE », a-t-il déclaré. Mardi, Mario Monti, le président du conseil italien a déclaré voir « la lumière au bout du tunnel dans la crise que traverse la zone euro ». Enfin, ce mercredi, un porte-parole du gouvernement allemand a redit que l\'Allemagne était « prête à tout faire pour sauver la zone euro ». Si ces déclarations doivent être interprétées avec prudence - l\'Allemagne est prête à tout faire... dans les limites de « ce qui est autorisé » -, elles n\'en témoignent pas moins de la détermination des dirigeants européens à ne pas laisser « l\'euro se déliter », pour reprendre les termes de Barack Obama.La crise de la dette ne se résoudra pas avec... plus de detteA en croire Bill Gross, le gérant de Pimco, le plus important fonds obligataire au monde, tout cela importe finalement assez peu. « Les économies et les marchés financiers ont toujours eu besoin de plusieurs décennies - et non de quelques années- pour se remettre sur pied après que leur endettement excessif a grippé le moteur de la prospérité du capitalisme », écrivait-il dans ses perspectives d\'investissement le mois dernier (celles du mois d\'août sur la fin du culte des actions viennent d\'être publiées). Pour lui, la crise de la dette ne se résoudra pas avec plus de dette, que celle-ci prenne la forme d\'assouplissements quantitatifs, de LTRO, d\'euro-obligations ou de MES...Deux solutions : le défaut ou l\'inflation« Est-il important que la Grèce décide de rester dans la zone euro, que les pays périphériques du Sud choisissent l\'austérité ou encore que les Etats-Unis choisissent Démocrates ou Républicains ? Pas vraiment. Les recettes pour générer une vraie croissance revêtent une importance toute relative. Une vraie crise de la dette (comme celle que le monde traverse actuellement ne peut être résolue que de deux façons : 1) par un défaut ou 2) par la création de monnaie pour la résorber par l\'inflation. Les options 1 et 2 sont fatales pour les détenteurs d\'obligations et d\'actions », explique-t-il.Les pays à taux zéro sont ceux « dont la chemise sale est la plus propre »Dès lors, s\'il serait déraisonnable de négliger les Bons du Trésor américains en pleine crise de la dette - le gérant de Pimco en a fait l\'expérience en 2011 -, les investisseurs ne doivent pas non plus se faire d\'illusion. Les fonds d\'obligations et d\'actions ont simplement réorienté leurs investissements vers les pays « dont la chemise sale est la plus propre », selon Bill Gross. La semaine dernière, Chikahisa Sumi, responsable du placement de la dette japonaise sur les marchés, filait lui aussi la métaphore ménagère pour expliquer l\'attrait des investisseurs pour la dette nippone. « Les investisseurs doivent mettre leur argent quelque part », a-t-il déclaré. « C\'est comme quand je vais faire du sport et qu\'il n\'y a pas de chaussettes fraichement lavées, je prends la paire qui est relativement la plus propre ». La ruée des investisseurs vers les actifs jugés les plus sûrs a fait tomber les taux à 10 ans à des points bas de 1,127 % en Allemagne (le 23 juillet), 0,722 % au Japon (le 25) et 1,379 % aux Etats-Unis. (le 25)La dette américaine, une gigantesque pyramide de Ponzi ?Illustrant son propos par le rythme de progression du ratio d\'endettement des Etats-Unis, Bill Gross n\'hésite pas à comparer les Etats-Unis à la Grèce. Et la stratégie de financement du pays à une pyramide de Ponzi. Pour lui, « au lieu de payer les intérêts courants au taux en vigueur, on s\'engage à payer les factures futures en émettant toujours plus d\'obligations ».En attendant, Pimco mise toujours sur la chemise sale des Etats-Unis« Les investisseurs doivent savoir que les chemises sales propres ne le restent pas indéfiniment », conclue-t-il. En attendant, sur les marchés financiers tout est question de timing. Le gérant de Pimco en sait quelque chose. D\'ailleurs, il mise toujours sur la chemise sale des Etats-Unis...

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