L'éditorial de Muriel Motte

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L'histoire de France a son 4 septembre, celui de 1870 marqué par la naissance de la troisième République. L'histoire boursière a le sien, celui de 2000, qui vit l'indice CAC 40 inscrire dans l'allégresse son record absolu : 6.922,33 points à la clôture. Samedi, les Français pourront fêter un 140e anniversaire républicain, mais les boursiers ne pourront que déplorer une décennie perdue pour les actions. À 3.600 points aujourd'hui, l'indice vedette est à des années-lumière de son apothéose, en dépit du bond de plus de 80 % des bénéfices semestriels des groupes du CAC 40. Certes, le record de 2000, fruit de la bulle Internet, apparaît bien excessif. Les grands groupes français valaient alors 25 fois leurs profits, un niveau aberrant au regard de la moyenne historique (13 fois), dont le marché est plus proche aujourd'hui (10,5 fois). Le coup de foudre des Français pour les actions au tournant du siècle a fait place à la désillusion des vieux ménages. Les épargnants ont réinvesti avec délice sur des placements réputés moins risqués. Ce désamour explique notamment pourquoi, contrairement à Wall Street, la Bourse de Paris n'a jamais renoué avec son record, même au plus fort de son rebond à l'été 2007. Si elle n'a pas réussi à le faire lorsque la croissance mondiale dépassait 5 %, il y a peu de chances qu'elle y parvienne dans un proche avenir. Les stratégistes considèrent même que la perspective d'une activité mondiale moins dynamique justifie le faible ratio de valorisation des actions, dont la performance se mesure aujourd'hui plus à l'aune de leur rentabilité. Et donc du niveau des dividendes distribués. Sans oublier un facteur structurel : la vente par les grands assureurs d'une partie de leur portefeuille pour respecter les nouvelles régulations. En Europe, ils auraient cédé pour 700 milliards d'euros de titres depuis 2000, chiffre Henri de Castries, le patron d'Axa. Il y a moins de « mains longues » sur les actions. Et donc moins de facteurs de soutien. mmotte@latribune.f

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