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« Louis XIV, l'homme et le roi » budget prévisionnel

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Publié le 01 septembre 2009 à 23:39 - Mis à jour le 01 septembre 2009 à 23:39

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C'est la rentrée, vous faites grise mine ? Réjouissez-vous, au contraire. Comme à chaque automne, les grandes expositions d'art reviennent. La Réunion des musées nationaux (RMN), organisme d'État qui avait organisé l'hiver dernier la mythique exposition « Picasso et les maîtres », propose une rétrospective consacrée aux dernières années de l'?uvre de Renoir, rétrospective qui sera présentée au Grand Palais à partir du 23 septembre, en partenariat avec d'autres musées, notamment Orsay et le Los Angeles County Museum of Art. Quelques semaines plus tard, c'est le peintre Pierre Soulages qui sera à l'honneur, au Centre Pompidou. Depuis quelques années, ces grandes expositions, jusqu'alors surtout courues par un public averti, rencontrent un succès croissant auprès de tout un chacun, comme en ont témoigné les files d'attente phénoménales, l'hiver dernier, à l'entrée du Grand Palais lors de l'exposition « Picasso et les maîtres ».Difficile, du coup, de ne pas songer au modèle économique de ces manifestations. Combien rapporte une grande exposition d'art ? Qui la finance ? Les grandes expositions coûtent cher. Si cher qu'elles ne sont généralement pas rentables. Pourtant, lorsqu'un musée organise une exposition, les prêteurs, qu'ils soient d'autres musées ou des collectionneurs privés, n'exigent aucune compensation financière en retour. Et, lorsque l'événement est suffisamment hors du commun, ils n'ont guère de difficulté à trouver des mécènes parmi les entreprises privées. Ce fut par exemple le cas pour « Picasso et les maîtres » dont LVMH a été un cofinanceur très substantiel. On n'en saura pas plus. Les langues ne se délient guère lorsqu'on aborde ce sujet. Cela dit, Thomas Grenon, administrateur général de la RMN, le reconnaît sans peine : « Les recettes du mécénat rendent les expositions faisables. » Il faut dire que les dépenses nécessaires à l'organisation d'une exposition atteignent souvent des sommes colossales. À commencer par le budget dévolu au transport et à l'assurance des ?uvres, qui tourne autour du million d'euros pour une exposition de taille moyenne, selon Thomas Grenon. C'est qu'il s'agit souvent de réunir des ?uvres uniques, dispersées aux quatre coins du monde. Des ?uvres qu'il faut acheminer sur le lieu de l'exposition par camions, voire par bateaux, dans des caisses spéciales, garantissant leur non-dégradation. Les assurances sont dites « au clou à clou », c'est-à-dire qu'elles couvrent les ?uvres depuis le décrochage du mur du prêteur jusqu'à leur remise en place. Lorsque la prime d'assurance excède un certain montant, l'État prend le relais. Pour l'exposition « Picasso et les maîtres », cette garantie publique s'appliquait aux dommages éventuels excédant 100 millions d'euros. Ce qui a permis de diviser par deux le montant de la prime d'assurance. Pour autant, les 790.000 euros destinés à protéger financièrement les organisateurs de cette exposition contre les mauvaises surprises en tout genre ont englouti, à eux seuls, près d'un cinquième de leur budget total. Il est vrai que pour cet événement exceptionnel les organisateurs avaient réuni 210 ?uvres venues du monde entier ? des Picasso, des Velasquez, des Goya, des Manet ?, « le prix global des ?uvres devait osciller entre 2 et 4 milliards d'euros », estime le directeur général d'un grand musée parisien. À tel point que, pour assurer cette exposition, c'est le français Axa Art qui avait été choisi, étant le seul, avec la Lloyds britannique, à disposer des capacités nécessaires pour couvrir une telle manifestation. L'assurance était tous risques : incendie, explosion, dégât des eaux, vol, terrorisme ou guerre ! « Lorsque nous organisons, nous, des expositions, la valeur totale des ?uvres est plutôt comprise, en moyenne, entre 40 et 50 millions d'euros. Conséquence, les coûts d'assurance sont beaucoup moins chers », tempère-t-on au musée du quai Branly.Après le budget assurance et transport, le budget scénographie. Dans le cadre d'une exposition de taille moyenne, la mise en scène des ?uvres (éclairage, explications, décor, etc.) coûte autour de 500.000 euros. Il n'est d'ailleurs pas rare que ce poste de dépenses soit le plus important, notamment quand les graphistes qui en ont la charge disposent d'une certaine notoriété. Le musée du quai Branly, par exemple, ne se contente pas d'accrocher les ?uvres sur de simples cimaises, mais élabore une véritable architecture et une mise en scène sophistiquée. Dans ce temple à la gloire des arts d'Afrique, d'Océanie, d'Asie et d'Amérique, 40 % à 60 % du budget global d'une exposition sont consacrés à la scénographie. L'établissement public du musée et du domaine national de Versailles a également beaucoup misé pour rendre la plus séduisante possible son exposition « Louis XIV : l'homme et le roi » qui comprendra 300 ?uvres et débutera le 19 octobre. Sur un budget de 1,5 million d'euros, la scénographie avale à elle seule 600.000 euros. Viennent ensuite le transport et les assurances (27 % au total), les frais de personnel (17 %), les dépenses de communication (13 %) et l'élaboration du catalogue de l'exposition (3 %).Enfin, à en croire Thomas Grenon de la RMN, il est difficile, pour une exposition de taille moyenne, de consacrer moins d'un demi-million d'euros à l'accueil des visiteurs et au gardiennage des ?uvres, Au total, l'organisation d'une belle monographie de peinture peut donc représenter un investissement de 2 à 3 millions d'euros. « Picasso et les maîtres » a coûté plus que cela : 4,5 millions d'euros. Mais le succès s'est révélé tel que, grâce aux 783.000 visiteurs, elle a dégagé un bénéfice de 1 million d'euros. Attention, il s'agit là d'un bénéfice en coût direct, et non en coût complet, c'est-à-dire excluant les frais de transport, d'assurance, de scénographie et d'exploitation du Grand Palais. Aucune exposition d'art au monde n'est rentable en coût complet. « L'objectif ne réside pas dans sa rentabilité, mais dans la diffusion de connaissances », tempère Thomas Grenon. Le bénéfice généré par « Picasso et les maîtres » a ainsi permis de financer des expositions bien moins grand public, comme les dessins de Philippe de Champaigne, présentés au printemps dernier au Musée national de Port-Royal-des-Champs (Yvelines). « Les recettes de nos expositions ne couvrent pas leurs frais », confirme-t-on au musée du quai Branly. D'autant plus qu'une grande partie des visiteurs, ici comme dans un grand nombre de musées publics, accède gratuitement aux expositions, grâce aux systèmes mis en place pour accroître leur fréquentation. Le premier dimanche de chaque mois est dans bien des cas un jour où l'accès est libre. « Selon les expositions, 30 % à 40 % des visiteurs bénéficient d'un accès gratuit », précise ainsi Karim Mouttalib, le directeur général du musée du quai Branly. D'où l'indispensable soutien financier de l'État. En 2008, les subventions versées par le ministère de la Culture et de la Communication et par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ont représenté les trois quarts des recettes de fonctionnement du musée du quai Branly. Le mécénat, les revenus de la billetterie, les produits dérivés, comme les catalogues des expositions ainsi que les redevances payées par les sociétés qui ont obtenu la concession de la restauration n'ont généré que 16,3 millions d'euros.Atteindre l'équilibre relève donc souvent de l'exploit. La RMN, qui a engrangé un résultat net de 3 millions d'euros en 2008, pour un chiffre d'affaires de 99 millions d'euros, y parvient depuis trois ans. Mais sans la commercialisation de produits dérivés, elle resterait déficitaire. C'est aussi le rôle assigné aux expositions, qui, en attirant les foules, permettent de démultiplier ces ventes. n40 % scénographie27 % transport et assurances17 % frais de personnel13 % dépenses de communication3 % catalogue de l'expositio

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