Duel Pouzilhac-Okrent à France 24 sur fond de difficultés financières

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Depuis cet été, la guerre est déclarée entre Alain de Pouzilhac, patron de l'Audiovisuel extérieur de la France (AEF), et son bras droit Christine Ockrent. Une guerre surprenante, car le duo n'avait jamais montré le moindre désaccord en public. Une explication peut se trouver dans la situation financière tendue que traverse actuellement l'AEF, en particulier France 24. Début 2010, la rédaction de la chaîne d'information a été invitée à se serrer la ceinture. Les duplex ont été réduits au profit de liaisons téléphoniques. Selon les syndicats, la chaîne pourrait perdre 5 à 10 millions d'euros en 2011. Et la direction n'a pas caché que l'exercice 2011 s'annonçait financièrement difficile. Face à cette situation, « Pouzilhac veut continuer à investir dans la diffusion de la chaîne, tandis qu'Ockrent veut investir dans les programmes », indique-t-on en interne. Cette situation tendue s'explique par des recettes propres (publicité essentiellement) inférieures aux prévisions. Celles-ci étaient très ambitieuses?: la direction de l'AEF a promis à l'État de les faire passer de 15 à 50 millions d'euros entre 2008 et 2013 ? des chiffres jugés irréalistes en interne. Finalement, ces ressources devraient rester stables en 2010, loin de la hausse de 26 % prévue au budget (pour atteindre 18,4 millions). À France 24, les ressources propres n'ont représenté en 2008 que 1,9 % du budget, contre 2,6 % prévus. En 2009, elles ont atteint 2,3 % contre 3 % prévus. Et en 2010, elles vont reculer, loin des 6,5 % espérés. Régies propres coûteusesBien sûr, cela est en partie dû à la crise publicitaire. Mais la rentrée de publicité a aussi été perturbée par la valse hésitation sur l'avenir des régies de France 24 et RFI. À sa création, France 24 s'est dotée d'une régie propre, employant une dizaine de personnes. Problème?: une telle structure coûte cher pour de telles recettes. Ainsi, en 2008, sur 3,5 millions de recettes, 46 % ont été absorbés par le coût de la régie. L'an dernier, des négociations ont donc eu lieu pour externaliser les deux régies auprès de France Télévisions, qui gère déjà la publicité de TV5. Un pré-contrat avait été signé, le projet avait été présenté en comité d'entreprise, et devait rentrer en vigueur au 1er janvier 2010. Mais le plan a capoté, apparemment en raison de désaccords sur les recettes minima garanties par France Télévisions. Hasard ou coïncidence?? Pendant que la situation financière de l'AEF devenait difficile, ses dirigeants multipliaient les demandes de rallonges budgétaires auprès de l'État. Cela dans le cadre de la discussion du budget 2009-2013, appelé contrat d'objectifs et de moyens (COM) dans le jargon administratif. Cette discussion s'éternise depuis plus d'un an, apparemment car l'AEF n'en finit pas de rajouter des projets à financer. Et quand ses interlocuteurs gouvernementaux lui disent non, « les dirigeants de l'AEF utilisent leurs relais politiques pour inverser la décision », assure un proche du dossier. Finalement, au milieu de l'été, le gouvernement a décidé de siffler la fin de la récréation, et a envoyé son dernier mot à l'AEF. Au final, il accepte de rallonger le budget d'une dizaine de millions d'euros pour financer plusieurs investissements, à conditions qu'ils restent raisonnables?: diffusion outre-mer de France 24, nouveaux émetteurs pour Monte Carlo Doualiya, et financement de départs à RFI. Jamal He

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