Piketty : "taxer les très riches tout en privilégiant les rentiers, c'est du jamais vu"

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La Tribune - Que vous inspirent les choix fiscaux du gouvernement?Thomas Piketti - Je crois qu\'il y a eu beaucoup de peur, beaucoup de résistances de la part de l\'administration -y compris à sa tête-, qui ont empêché les choix simples: réunifier l\'impôt sur le revenu et la CSG sur la base de cette dernière, ce n\'était pas compliqué. Cela aurait mis fin à l\'anomalie française, à savoir l\'existence de deux impôts sur le revenu.Il aurait fallu taxer de nombreux revenus aujourd\'hui épargnés, comme l\'assurance vie?Il était toujours possible d\'exonérer les contrats aux montants les plus faibles, et donc d\'éviter de toucher le plus grand nombre. Là, en maintenant le système existant, on va donner du travail aux conseillers fiscaux et de patrimoine, qui vont aider les très riches à éviter de payer vraiment plus d\'impôt. Ils y parviendront à coup sûr.Il y a la taxe à 75%...C\'est un écran de fumée. Ça n\'a aucun sens de créer une contribution frappant les très riches, tout en épagnant totalement les revenus du capital. Il s\'agit du reste d\'une innovation majeure à travers le monde: historiquement, des taxes sur les très hauts revenus ont existé, dans les pays industriels, mais elles ont toujours privilégié les revenus salariaux par rapport à ceux du capital. Là, on fait curieusement le choix inverse. Taxer les très riches en privilégiant les rentiers, cela ne s\'est jamais vu.C\'est d\'autant plus curieux que le gouvernement réinstaure un bouclier fiscal. Il était donc possible de viser tout le monde avec la taxe à 75%, le bouclier évitant toute surtaxation. 

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