Europe, États-Unis : ... mais où est donc passée l'inflation promise ?

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Voilà de quoi donner des marges de manoeuvre à Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), qui doit s\'exprimer mercredi à Paris à la sortie de la réunion mensuelle de l\'institution. En septembre, l\'inflation en zone euro a atteint son plus bas depuis février 2010 à +1,1% en rythme annualisé. Il y a un an, elle était de +2,6%.Si cette faible inflation est avant tout le fait d\'une réduction de la facture énergétique, elle est aussi marquée par un ralentissement dans le secteur de l\'alimentation.Selon certains analystes, c\'est une bonne nouvelle, car le pouvoir d\'achat des consommateurs  s\'en trouve ainsi renforcé. Du point de vue des marchés la baisse des prix devrait permettre à la BCE de maintenir ses taux bas sur une période prolongée, voire même d\'aller plus loin à l\'avenir. Le mandat de la Banque centrale européenne étant en effet de maintenir l\'inflation à un rythme de 2%.La faiblesse de la demande pèse sur les prixMais cette faible progression des prix est aussi le symptôme d\'un mal sous-jacent. La politique de taux bas actuelle, qui vise à baisser le coût du crédit en vue de relancer l\'activité au sein de la zone euro, peine en effet à porter ses fruits. En témoigne la nouvelle baisse en août du nombre de prêts accordés aux ménages et aux entreprises, annoncée en fin de semaine dernière. Les limites de cette stratégie de la BCE tiennent à la contraction de la demande en zone euro.Notamment parce que la hausse du chômage et la pression sur les salaires ont fait baisser le pouvoir d\'achat des ménages depuis le début de la crise. Ce qui a, par voie de conséquence, provoqué un tarissement de la demande et pesé sur la hausse des prix à la consommation. Dans ce contexte de demande faible, les banques, en plein mouvement de recapitalisation, sont très frileuses à l\'idée de prêter à des entreprises en mal de débouchés.Lire aussi : Que pourra faire la BCE contre la déflation ? La déflation menace aux États-UnisLa BCE n\'est pas la seule banque centrale à constater ce phénomène de baisse de l\'inflation malgré des mesures incitatives. Aux États-Unis, la mise en place du programme \"Quantitative Easing\", responsable d\'un afflux massif de liquidités sur le marché grâce aux rachats massifs de titres hypothécaires et de bons du Trésor américain, faisait craindre à beaucoup une explosion de l\'inflation.Mais, avec une baisse du chômage en trompe l\'oeil, des salaires qui n\'augmentent pas et un mouvement de désendettement des ménages, c\'est l\'inverse qui se produit: au deuxième trimestre, les prix à la consommation aux États-Unis on baissé de 0,1%.Les banques centrales ne peuvent compter sur une relance de la demandeL\'ennui, c\'est qu\'en période de déflation, les consommateurs ont tendance à reporter leurs achats à plus tard pour bénéficier de la baisse des prix qu\'ils anticipent. Ce qui a tendance à déprimer un peu plus la demande et donc à augmenter les difficultés des entreprises et donc la réticence des banques à prêter.C\'est à ce casse tête que sont confrontés les banquiers centraux américain et européen, alors qu\'ils ne peuvent ni l\'un ni l\'autre compter sur une relance par la demande de la part des États, et que la Fed inquiète à cause de la très forte augmentation de son bilan depuis la mise en place de ses programmes de rachat.Lire aussi : Les États-Unis voient pointer un nouveau problème : la déflation

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