Hollande a-t-il déjà oublié la deuxième phase de son quinquennat qu'il annonçait "généreuse" ?

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François Hollande avait promis aux Français un quinquennat en deux phases, s\'agissant de la politique économique : on commence par serrer les boulons (hausses d\'impôts, rigueur accrue sur les dépenses) pour diminuer le déficit public (le fameux « redressement dans la justice »), puis, après deux années difficiles, il est possible d\'envisager une politique plus généreuse, de redistribution, plus favorable aux couches moyennes et modestes de la population.A voir la « trajectoire pluriannuelle des finances publiques » figurant dans le rapport économique et financier (annexé au projet de loi de finances pour 2014) publié ce mardi et qui a été transmis à la Commission européenne, la générosité aura ses limites, d\'ici la fin du quinquennat.Encore plus d\'économies sur les dépenses en 2015Les dépenses publiques ? Avec 15 milliards d\'euros d\'économies, leur progression serait contenue à 0,4%, en volume en 2014. Les années suivantes, ce sera encore moins (+0,2%). Une évolution comparable à celle des autres pays européens, qui, rappelons le, ont tous augmenté leurs dépenses publiques depuis le début de la crise, en septembre 2008.Il faudra donc réaliser encore plus d\'économies, pour éviter une remontée vers leur tendance naturelle qui est donc supérieure à +1% l\'an (toujours en volume, une fois enlevée la hausse des prix). Pas question, donc, de revaloriser les traitements des fonctionnaires, ni d\'accroître les dépenses sociales. Un taux de prélèvements obligatoires bloqué jusqu\'en 2016 Les impôts ? Le taux de prélèvements obligatoires restera bloqué à 46,1% du PIB, le niveau qui serait atteint en 2014, au cours des années 2015 et 2016. Seule une petite baisse de 0,3 point de PIB (6 milliards d\'euros) serait envisageable en 2017. Il n\'y en aura donc pas pour tout le monde.Bien sûr, basés sur des hypothèses de croissance sans doute un peu optimistes -mais pas trop…- , avec 1,7% de hausse du PIB en 2015, 2% en 2016 et 2% en 2017-, ces chiffres feront l\'objet de nombreuses révisions, année après année. Mais la trajectoire n\'en est pas moins tracée : hors de la réduction du déficit public, point de salut.Réduire le déficit public, encore et toujoursL\'objectif principal et presque unique de cette stratégie des finances publiques, c\'est de ramener le déficit sous les fameux 3% du PIB en 2015 (2,8%, exactement), pour atteindre ensuite un niveau très faible de 1,2% en 2017.Hors effet de la conjoncture, le déficit structurel, que Bruxelles prend désormais en compte, aurait quasiment disparu dès 2016 (0,2% du PIB) et serait totalement annulé en 2017. Ce serait donc l\'année de couronnement pour cette politique… Une rigueur constante, tenable pendant plus de trois ans?Critiqué pour son annonce de pause fiscale qui n\'en pas une, le gouvernement insiste sur les économies à venir en matière de dépense publique.« L\'effort structurel sera porté intégralement par des économies en dépense, ce qui rendra possible une baisse du taux de prélèvements obligatoires en fin de période de programmation » peut-on lire dans le document du gouvernement.Mais cette rigueur constante, contraire aux engagements pris, est-elle tenable ? 

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