Un président content

 |   |  461  mots
Il n'a pas attendu la Saint-Nicolas. Le président de la République a fêté Noël dès hier, en s'offrant un cadeau à lui-même : des éloges appuyés (c'est un euphémisme) à sa politique économique, dans un long propos à La Seyne-sur Mer, quatorze mois après son fameux discours de Toulon. Grâce à lui, face à la crise, la France a pris, très tôt, les devants. Avant même la faillite de Lehman Brothers, elle avait engagé, avec la loi Tepa (travail, emploi, pouvoir d'achat), un plan de relance par anticipation. Elle aura été la première à adopter, dans tous les domaines ou presque, les bonnes décisions. La preuve : pour le sauvetage des banques, la prime à la casse automobile ou le médiateur du crédit, elle a été souvent imitée. Des erreurs dans ces douze travaux d'Hercule, le président n'en voit pas. En avance sur les autres et exemplaire sur tous les fronts, il a d'ailleurs été contraint de prendre le monde en charge, imposant aux Américains visiblement désemparés trois G20 et un début de régulation de la planète finance. La conséquence, c'est que la France serait sortie plus tôt et mieux que les autres de la crise. Elle ne connaît ni « les ravages » subis par les États-Unis, ni « la déflation japonaise », ni « l'effondrement anglais ou espagnol », ni « la faillite islandaise ». La récession y a été deux fois moins forte qu'en Allemagne. Bref, même s'il affirmait, au début de son intervention, que « le temps n'est pas à l'autosatisfaction », Nicolas Sarkozy a néanmoins jugé nécessaire de mettre les points sur les « i », de dire donc tout le bien qu'il pense de sa politique ? à l'intention notamment des élus UMP qui s'apprêtent à affronter, pour les régionales, le corps électoral, un corps glacé, sinon glacial. Alors, on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Cela étant et la finance justement vient de nous l'apprendre : il n'y a rien de pire que l'excès. Un plaidoyer est d'autant plus efficace qu'il est nuancé. La France va-t-elle vraiment moins mal que ses voisins ? Si on la compare avec son principal partenaire économique, l'Allemagne, cela n'est pas si sûr. La récession a certes été, outre-Rhin, plus forte que dans l'Hexagone mais le rebond y est aussi plus violent, le chômage moins profond, les comptes publics surtout moins dégradés. On apprenait hier, justement, que Berlin accuserait cette année un déficit représentant moins de 3 % de son PIB là où Paris la finit sur un déficit supérieur à 8 % de sa production. La France a un président content. Elle l'aimerait aussi comptant.eizraelewicz@latribune.fr erik izraelewicz

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :