La Banque du Japon,

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Réunie dans l'urgence, sous la pression du ministère des Finances, la Banque du Japon, confrontée à une nouvelle phase de déflation dans l'archipel, a annoncé des mesures supplémentaires d'apport de liquidités au système bancaire. Elle va offrir 10.000 milliards de yens (76 milliards d'euros) de fonds à trois mois, au taux fixe de 0,1 %, soit le niveau de son taux directeur, lui-même inchangé. Le caractère exceptionnel de la convocation des membres du conseil de politique monétaire de la banque centrale avait laissé penser à bon nombre d'intervenants qu'une série de mesures beaucoup plus offensives allaient être décidées, à un moment où la hausse du yen, monté à son plus haut niveau depuis quatorze ans face au dollar, menace la fragile reprise économique nippone.Certains avaient envisagé une ouverture du robinet monétaire et le retour de la Zirp, la politique de taux zéro. D'autres avaient évoqué de nouvelles mesures d'assouplissement quantitatif, au travers de davantage de rachats d'emprunts d'État. La déception a donc été à la hauteur de ces attentes. D'autant que la Banque du Japon n'a pas élargi la gamme de titres éligibles à l'accession à ces fonds à trois mois. Constat de Christian Parisot, économiste d'Aurel BGC?: « Face à la hausse du yen, les investisseurs misaient sur une éventuelle intervention sur le marché des changes ou une communication plus tranchée de la banque centrale sur le risque pour l'économie d'un yen fort. Cet apport de liquidités n'aura aucun impact sur le cours du yen face aux principales devises. » Et de fait, si elle a cédé un peu de terrain face au dollar, la monnaie de l'archipel est restée très haut perchée. Après une brève incursion au-dessus de 85 pour 1 dollar vendredi dernier, le yen a évolué hier autour de 86,50 et pourrait à nouveau retrouver la faveur des investisseurs si les menaces d'interventions se dissipent. Car le dollar s'est substitué à lui comme vecteur des stratégies de portage, consistant à jouer sur les écarts de rendements. À moins que le G7 ne porte le sujet du yen fort à l'ordre du jour de sa réunion du week-end prochain, à Iqaluit, au Nunavut (Canada).Les dissensions qui sont apparues entre le gouvernement et la banque centrale, dont les diagnostics économiques divergent, ont en tout cas ravivé les anticipations de nouvelle partie de bras de fer entre les deux protagonistes qui pourrait déboucher sur une énième remise en cause de l'indépendance de la Banque du Japon. La banque centrale et les pouvoirs publics n'avaient plus affiché leur désaccord depuis août 2000, lorsque la Banque du Japon avait relevé ses taux en dépit de l'opposition du gouvernement, alors que l'économie était à peine convalescente. Pour mieux faire marche arrière huit mois plus tard et renouer avec la Zirp. n

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