Les start-ups Internet chinoises veulent séduire New York

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La nouvelle a fait grand bruit. Les deux grands sites de vidéo en ligne chinois Youku et Tudou ont récemment annoncé leur intention de se coter non pas sur une place de l'ex-Empire du milieu, mais à New York. Ils espèrent respectivement lever 169 millions sur la Bourse de New York (Nyse) et 122 millions de dollars sur le Nasdaq d'ici à la fin 2010. Puis ce fut au tour de Dangdang, un site de commerce en ligne, d'annoncer sa prochaine introduction sur le Nyse pour lever 200 millions de dollars. Un autre site de vente en ligne, Vancl, prépare son entrée au Nasdaq. Dans le même secteur d'activité, l'action de la société Mecox Lane avait grimpé de 57 % à 17,3 dollars pour son premier jour de cotation à la fin octobre. Quelques semaines plus tôt, China Cache Holdings, un fournisseur de contenus pour les sites Internet, avait bondi de 95 % lors de son introduction. De quoi inciter d'autres jeunes pousses à leur emboîter le pas... Un potentiel énormeSelon les analystes, plus d'une vingtaine d'entreprises Internet planchent sur une cotation à New York d'ici à 2012. Elles cherchent des liquidités pour financer leur spectaculaire croissance et misent sur l'appétit des investisseurs américains pour les sociétés chinoises. Sur les dix plus grosses cotations cette année à New York, quatre sont chinoises. Leurs modèles de croissance ont de quoi faire rêver : la population Internet chinoise explose et a désormais dépassé celle des Etats-Unis, avec 420 millions d'utilisateurs à la fin juin. Le potentiel demeure énorme car seulement un utilisateur sur deux utilise un site de vidéo en ligne. « Beaucoup d'investisseurs souhaitent miser sur le consommateur chinois. Ils sont assis sur beaucoup de cash et l'économie chinoise est bien plus prometteuse que celle des États-Unis », explique Shaun Rein, directeur de China Market Research Group. Le Fonds monétaire international (FMI) estime que, cette année, la croissance en Chine sera quatre fois plus rapide qu'outre-Atlantique. Pour les opérateurs de marché, nombre de ces entreprises présentent un réel attrait et, à terme, devraient respecter leurs promesses. Mais certains dossiers rendent les analystes sceptiques car des start-ups tentent de leur vendre un label « croissance chinoise » plutôt qu'un modèle d'entreprise pérenne. « Les évaluations de Tudou et Youku sont aberrantes si on prend on compte qu'aucune des deux ne génèrent de profits et n'ont su expliquer comment elles comptaient s'y prendre », déplore Shaun Rien, qui n'hésite pas à parler de bulle. À la fin septembre Youku et Tudou perdaient respectivement 25 et 12,5 millions de dollars. C'est aussi une raison qui pousse ces entreprises vers les places étrangères. La Bourse de Shanghai leur impose trois années consécutives de profits pour pouvoir être cotée.

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