« Un effort de l'Europe ferait avancer les négociations de Copenhague »

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EnvironnementUn accord à la conférence de Copenhague, qui débute dans six jours, ne sera possible qu'à condition que l'Europe fasse un effort supplémentaire, selon Nicholas Stern, qui s'exprimait hier à la London School of Economics. L'économiste britannique, auteur en 2006 d'un influent rapport sur le coût du changement de climat, estime que l'Europe doit promettre de réduire ses émissions de CO2 de 30 % d'ici 2020 et s'engager sur des aides aux pays émergents dès 2015.Actuellement, l'Europe accepte une réduction de 20 % de ses émissions d'ici 2020 (par rapport au niveau de 1990), et s'engage, à condition qu'un accord international soit signé, à porter cette baisse à 30 %. Mais Nicholas Stern estime que le Vieux Continent doit abandonner la conditionnalité de cette proposition. « L'Europe doit être un leader dans ces négociations », affirme-t-il.De plus, les 27 doivent aussi faire un effort sur le financement de l'aide aux pays émergents. Cette partie des négociations est la plus difficile à Copenhague. Si les pays émergents se disent souvent prêts à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (ou d'en ralentir la progression, comme l'a fait la Chine), ils réclament en échange une aide des pays riches. « Actuellement, il y a des propositions autour de 100 milliards de dollars d'aide par an à partir de 2020, note Nicholas Stern. Mais il faudrait des engagements chiffrés dès 2015. » L'économiste estime qu'il faudrait environ 50 milliards de dollars par an pour cette date. « Clairement, nous sommes loin d'un accord sur ce point », reconnaît-il.Pourquoi serait-ce à l'Europe d'être le chef de file, alors que les États-Unis restent très réticents à réduire rapidement leurs émissions?? Barack Obama, s'il a clairement tourné la page de la politique mené par George Bush, ne propose qu'une réduction d'ici 2020 de 17 % des émissions américaines? par rapport au niveau de 2005 (et non de 1990). « Les États-Unis sont prudents, parce qu'il faut prendre en compte ce que le Congrès est prêt à voter, réplique Nicholas Stern. Il est de bon sens d'avancer pas à pas. »Une dynamique positiveL'expert britannique ajoute que les conditions politiques actuelles sont particulièrement favorables à l'obtention d'un accord?: un nouveau Premier ministre japonais très enclin à réduire les émissions?; Barack Obama en quête de résultats concrets?; la Chine qui vient de présenter des propositions précises? « Il sera très dur de retrouver la même dynamique. » Pour autant, reconnaît Nicholas Stern, un accord à Copenhague ne signifierait pas la fin du chemin. Au mieux, selon lui, un compromis ambitieux, suivi d'une véritable application, permettra d'avoir 50 % de chance de limiter le réchauffement du climat à 2 degrés. Ce qui laisse beaucoup d'incertitudes? Eric Albert, à Londre

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