Le guichet de la dette va faire recette

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En ce début d'année, on commence à avoir une idée assez précise des sommes que les pays entendent lever sur les marchés. Et leur montant, en dizaines voire centaines de milliards d'euros, donne le tournis. Même si leurs dernières opérations n'ont pas toujours eu le succès escompté, compte tenu de la faible rémunération qu'elles offrent, les très bonnes signatures comme les États-Unis ou l'Allemagne ont assez peu d'inquiétudes à se faire. La France espère, elle, passer entre les gouttes même si, de sa dette d'État à la dette sociale de la Cades, elle a de gros appétits, pour l'instant soutenus par une note triple A maintenue contre vents et marées par les agences. Mais les maillons les plus faibles de la zone euro, ceux par qui la crise de la dette souveraine est arrivée, vont aussi frapper au portillon. Et après les accidents grec et irlandais, on suivra de près le trio du « Club Med » qui suscite aujourd'hui des inquiétudes grandissantes, le Portugal, l'Espagne et l'Italie. Si la demande lusitanienne peut être considérée comme un amuse-bouche, celles de Madrid et de Rome sont de bien plus gros morceaux. Autant dire que s'ils deviennent brûlants du fait des inquiétudes sur ces économies - déficit, chômage, faible croissance -, ils seront beaucoup plus durs à avaler. Le mauvais feuilleton de 2010 risque donc fort de se reproduire, voire de s'amplifier cette année. Aussi longtemps que n'est pas lancé le chantier de la convergence de gouvernance économique, fiscale et sociale dans la zone euro, celle-ci continuera à souffrir de son écartèlement entre vertueux et mauvais élèves. Au guichet de la dette, ceux qui attendent fébrilement de savoir s'ils pourront lever les sommes prévues, et à quel prix, vont encore avoir des sueurs froides. oprovost@latribune.f

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