L'industrie des hedge funds renoue avec les souscriptions

A fin novembre 2010, l'industrie des hedge funds enregistrait 62 milliards de dollars de collecte nette, contre 163 milliards de sorties nettes un an plus tôt. « Le rebond a eu lieu à partir d'août », constate Vincent Deluard, vice-président de la recherche chez TrimTabs Investment Research, fournisseur de données sur l'industrie, qui précise que ce montant pourrait baisser en décembre, mois correspondant à une fenêtre de sortie trimestrielle pour les fonds. Au total, de janvier à novembre, les retraits des fonds de hedge funds ont atteint 7,5 milliards de dollars. Pourtant en termes de performance, l'indice Barclay Hedge Fund progresse de 8 % sur les onze premiers mois. Certaines stratégies affichent même des gains à deux chiffres (obligations convertibles 11,6 %, « fixed income » 11 % et marchés émergents 10,6 %). « Sur les trois dernières années, les hedge funds restent un excellent rapport rendement-risque », indique Cyril Julliard, directeur général de Eraam. A l'inverse, les stratégies avec un biais « short » sont dans le rouge avec une performance négative de 14,78 %.Les flux viennent des États-Unis (+ 5 %) et surtout de Chine et Hong Kong (+ 17 %). L'Europe, notamment continentale, reste à la traîne avec des sorties estimées à 3 % des encours selon TrimTabs. Le changement de réglementation en Europe, avec l'adoption de la directive sur la gestion alternative, dite AIFM, a pu faire fuir les investisseurs.L'argent provient des investisseurs institutionnels comme les fonds de pension privés et publics dont la part des encours totaux aux États-Unis est passée de 8 % à 9 %. Ces derniers ont des contraintes d'actif-passif à moyen-long terme et ne peuvent pas acheter uniquement des emprunts d'État qui, en termes de rendement- risque, ne sont pas très attractifs. Les institutionnels, assez « libres » de leur allocation d'actifs, regardent davantage les hedge funds, sauf en France où règne encore une certaine frilosité pour ce type de placement. « Une bonne partie de l'épargne retraite en France est directement gérée par les assureurs qui ont des contraintes fortes de fonds propres à l'inverse des fonds de pension à l'anglo-saxonne. Cela est peu favorable aux hedge funds », déclare Cyril Julliard. Ainsi, l'absence des institutionnels peut expliquer l'échec commercial de gérants alternatifs indépendants français. Par ailleurs, le canal historique de souscription, à savoir les clients privés, ne raisonne pas encore suffisamment en termes de rapport rendement-risque. Ils ne sont pas revenus sur les hedge funds et mettront du temps à revenir sauf à leur donner un « high-single digit » [haut de la fourchette à un chiffre, soit proche de 10 %, Ndlr]. Pour 2011, les professionnels espèrent qu'après les emprunts d'État et le corporate, les investisseurs se porteront sur les hedge funds.

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