La lutte contre le blanchiment des capitaux est loin d'être achevée

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En fin de semaine dernière, le Vatican a annoncé l'instauration d'une Autorité financière pour lutter contre le blanchiment de l'argent. Cette initiative s'ajoute à la liste de décisions prises en 2010 par plusieurs États, sous la pression du G20, pour améliorer la transparence de leur système financier. Depuis bientôt deux ans, deux grands fronts ont été ouverts par la communauté internationale : l'amélioration de la coopération fiscale, d'une part, et la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, d'autre part. L'année dernière, neuf États, dont Andorre, les Bahamas et les Philippines, ont rejoint la « liste blanche » de l'OCDE après s'être mis en conformité avec les normes fiscales internationales. En 2009, d'autres paradis fiscaux célèbres, comme les îles Caïmans, le Liechtenstein, le Luxembourg, Monaco ou la Suisse, avaient déjà suivi la même voie. Toutefois, certains pays restent sur la « liste grise » de l'organisation internationale, les engagements pris n'ayant « pas encore été réellement mis en oeuvre ». Y figurent le Costa Rica, le Guatemala, le Panama ou encore l'Uruguay. La tâche de l'organisation internationale n'est donc pas encore achevée. Certains gouvernements se montrent très réticents à durcir leur réglementation fiscale, de peur de rendre leur système financier moins attractif. La Suisse, notamment, avait refusé pendant des mois de signer avec Washington un accord prévoyant de transmettre l'identité de clients de la banque UBS au fisc américain, suite à une affaire de fraude fiscale. L'accord finalement trouvé en août 2009 avait fragilisé le secret bancaire helvétique. En matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, le chemin à parcourir est encore important. En novembre, le Groupe d'action financière (Gafi), l'organisation internationale chargée de ces questions, a rendu publique une étude dans laquelle il identifie un groupe de 31 pays « présentant des défaillances » dans leur contrôle du blanchiment d'argent. Certains pays européens, comme la Grèce ou l'Ukraine, sont visés. Au coeur du scandaleAvec ses déclarations de la semaine dernière, le Vatican espère éviter de rejoindre ce groupe et, surtout, vise la « liste blanche » de l'OCDE et du Gafi. Pour le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, « cela permettra d'éviter à l'avenir ces erreurs qui deviennent si facilement motif de scandale pour l'opinion publique et pour les fidèles ». La banque du Vatican, l'Institut des oeuvres religieuses (IOR), a été accusée en septembre dernier d'avoir violé la loi italienne antiblanchiment. Dans les années 1980, l'IOR avait été au centre d'un scandale retentissant, provoqué par la faillite de la banque privée italienne Banco Ambrosiano dont il était le principal actionnaire. Alexandre Madde

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