L'Allemagne et la France ouvrent le bal des refinancements des États en 2011

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A peine la trêve des confiseurs achevée, les grands États de la zone euro reviennent sur les marchés pour se refinancer. Et pas des moindres, puisque les deux piliers de l'union monétaire, l'Allemagne et la France, réaliseront cette semaine leurs premières levées de dette à long terme de 2011. Ce mercredi, l'Allemagne émettra 5 milliards d'euros d'obligations à 10 ans, tandis que l'Agence France Trésor (AFT) placera jeudi entre 7,5 et 9 milliards d'euros de dette, selon la demande des investisseurs, en trois lignes arrivant à échéance en 2020, 2026 et 2029. Ces placements interviennent alors que les taux des grands pays développés ont sensiblement augmenté à la fin de l'année. Évoluant en sens inverse des prix des titres, les taux à 10 ans allemand et français ont enregistré une hausse de 70 points de base sur le dernier trimestre 2010, à respectivement 2,97 % et 3,36 %. « Le récent rebond des taux d'intérêt des deux côtés de l'Atlantique a juste effacé le mouvement de repli vers la qualité entamé à l'été en raison des craintes sur la crise grecque et sur la reprise mondiale », explique Sébastien Barbe, responsable de la gestion obligataire chez Rothschild & Cie Gestion. Ce regain de rémunération devrait garantir le succès de ces opérations, d'autant que l'offre de papier sera plus limitée cette année. Compte tenu d'éventuels rachats de dette, l'AFT émettra 184 milliards d'euros de dette à moyen et long terme en 2011, contre 188 milliards en 2010. En données brutes, la France devrait ainsi placer 208 milliards d'euros de dette selon Dexia AM, contre 210 milliards l'an dernier. Pour l'Allemagne, les émissions passeront à 195 milliards d'euros, contre 207 milliards en 2010.Filet de sécuritéDans le collimateur des marchés, le Portugal, l'Espagne et l'Italie devraient également émettre sensiblement moins de dette cette année (voir graphique). Ce qui devrait agir comme un filet de sécurité lors des émissions et soutenir les cours des obligations - qui varient en sens inverse des taux - face aux risques de spéculation des intervenants sur l'évolution de la conjoncture dans ces pays. « Les marchés vont certainement tester tous les autres pays fragiles sur le plan budgétaire », explique Éric Bourguignon, directeur de la gestion taux et crédit de Swiss Life AM, qui ajoute que « les taux des pays ?coeur? de la zone euro (France, Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Finlande, [Ndlr]) devraient monter progressivement ».Outre les salves d'émissions nationales, les marchés appréhenderont également dès début janvier les premières émissions destinées à financer l'aide à l'Irlande. « Les émissions de dette de la Commission et du Fonds de stabilité européen seront suivies de près par les investisseurs. C'est un papier intéressant car il n'y a plus beaucoup de AAA, mais il y aura peut-être une petite prime pour la nouveauté », estime Sébastien Barbe. Les placements, qui totaliseront 34,1 milliards d'euros en 2011, se répartiront en sept ou huit opérations de 3 à 5 milliards, dont cinq au premier semestre.

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