Intenses tractations

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L'avenir de l'Europe passe par un système d'équations à plusieurs inconnues qui se nomment fonds de stabilisation de l'euro actuel et futur (après 2013), règles budgétaires et sociales, taux irlandais et restructuration grecque. Un système si complexe qu'il n'y a aucune chance pour que les Vingt-Sept qui se réunissent jeudi et vendredi à Bruxelles en livrent la solution. « Il est possible que [la chancelière] Merkel et [le président] Sarkozy se sentent obligés de faire des déclarations très vagues. Mais certainement pas plus. C'est une négociation très difficile, tout le monde va devoir faire des concessions douloureuses. Je ne les vois donc pas se mettre d'accord un mois avant la deadline », indiquait mercredi une source allemande. L'échéance résidait normalement dans le sommet européen qui se tiendra les 24 et 25 mars. Mais selon Reuters, une réunion européenne exceptionnelle pourrait se tenir dès le 4 mars, peut-être à la suite d'une demande du Portugal d'une aide financière.Selon ce qu'ils obtiendront sur la gouvernance économique et la conversion du reste de l'Europe à leur culture de stabilité, les Allemands feront preuve de plus ou moins de souplesse pour faire évoluer les instruments du Fonds européen de stabilisation financière (FESF). Mais cela ne se fera que dans certaines limites. Berlin a déjà dit « non » aux eurobonds et « non », encore, à une augmentation du montant du FESF au-delà des 440 milliards d'euros effectifs de capacité d'emprunt dont on est encore loin aujourd'hui. « Crédibilité »En revanche, après 2013, et avec un changement de traité, tout redevient possible. Pour les Irlandais et les Grecs, l'horizon s'éclaircit. La baisse des taux des premiers est sur la table. Mais elle ne se fera pas sans contrepartie. Si Paris, travaillé par la concurrence fiscale, pense à une hausse de l'impôt sur les sociétés, Berlin, pour sa part, n'a pas de religion. « L'important est que cela contribue à renforcer la crédibilité de l'ensemble de la zone vis à vis des investisseurs », explique cette source. Quant aux Grecs, ils tablent déjà sur une restructuration douce de leur dette par le truchement du FESF qui rachèterait leurs obligations sur le marché secondaire. Mais ses bailleurs ne le feront pas pour rien. « Pour chaque chose que l'on donnera, il faudra une contrepartie », dit-on à Berlin. Florence Autret, à Bruxelle

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