Kabuto-chô sort de vingt ans de purgatoire

Le marché japonais « joker » de l'année ? C'est en tout cas le pari d'un certain nombre de courtiers déçus par quatre dernières années de sous performance. Premier élément encourageant pour les investisseurs européens : depuis le premier janvier, grâce à la hausse du yen l'indice Nikkeï est le seul des grands indices des marchés développés à connaître une progression en euros. Il gagnait près de 3,68 % après avoir connu plusieurs séances de baisse en fin de semaine dernière. « Ce regain d'intérêt n'est pas étonnant, souligne un stratège français, les valorisations sont au plancher ». Sur les fondamentaux économiques toujours faibles (lire ci-contre), les aspects techniques l'emportent. De fait, les valeurs comprises dans l'indice Topix se paient seulement 1,3 fois leur valeur d'actif, contre 2,1 fois pour celles du S&P 500, et jusqu'à 1,6 fois pour celles du Dow Jones. Mais les résultats du troisième trimestre de l'exercice 2010 qui s'achève au 30 mars, pourraient donner le signal d'une revalorisation du marché. Selon les dernières statistiques du Shinko Research Institute, sur les 452 entreprises du Topix qui ont pour l'heure publié leurs résultats sur les neuf premiers mois de l'année, 21 % ont revu leurs prévisions de croissance de leur bénéfice courant annuel la hausse, 9,5 % l'ont abaissé. Cette semaine, Mizuho Financial Group, puis Softbank ont ouvert le bal, avec pour ce dernier une hausse de 67 % de ses bénéfices au troisième trimestre. « La politique monétaire devient plus accommodante, tandis que les indicateurs de surprise économique et le ?momentum? des bénéfices ? qui est défini comme le ratio de révisions haussières par rapport aux révisions baissières ? sont plus favorables que sur les quatre marchés développés », estime par exemple JP Morgan. « Après avoir souffert de la crise, les résultats devraient s'améliorer sensiblement », renchérit Mickaël Wood-Martin, gérant chez Henderson : « L'activité devrait se contracter (avant de se reprendre en 2011) sous l'effet de réduction de coûts drastiques, mais la profitabilité, elle, devrait être restaurée. » Une embellie qui ne doit cependant pas faire oublier l'émergence de nouveaux risques. Outre la fermeté du yen (90 yens pour 1 dollar), d'autres difficultés pourraient surgir. « La production industrielle a été principalement soutenue par la forte demande en Chine et dans les autres économies asiatiques », relève l'analyste de BNP Paribas dans sa note de conjoncture. « Pour le moment, nous continuons de penser que les exportations vers l'Asie vont demeurer fortes. »

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