Un site pour choisir des fonds socialement responsables

L'investissement socialement responsable (ISR) est décidément du dernier chic chez les acteurs de la finance. Pour fêter ses 25 ans, le courtier en ligne Cortal Consors a annoncé le lancement d'un site s'inscrivant dans cette mouvance. Baptisé Invest-Utile.fr, il a reçu la caution de GoodPlanet, la fondation de Yann Arthus-Bertrand, d'Action Carbone, et de Novethic.Première attrait : le financement d'actions « éthiques ». Le particulier peut investir sur une sélection de fonds à frais d'entrée réduits (0,5 %). Cortal Consors abonde alors à hauteur de 1,5 % des sommes. Le tout, soit 2 %, est ensuite reversé à GoodPlanet. Quatre opérations ont déjà été financées ainsi (reboisement au Chili, foyers de cuisson au Cambodge, recyclage de déchets en Inde...). L'autre atout d'Investir-Utile.fr est de classer 330 fonds sur des critères de développement durable. Pour ce faire, Cortal Consors a utilisé la base de données des entreprises réalisée par la société Trucost, en fonction des émissions de CO2. « Nous avons agrégé ces informations pour noter les fonds. Tous les trois mois, le portefeuille de chaque fonds est remouliné pour mettre la notation à jour », détaille Benoît Gommard, directeur général de Cortal Consors France. Chacun reçoit donc une « note verte » allant de 1 à 5 planètes.engagement allégéEncore faut-il savoir ce que l'on entend par « ISR ». En effet, la présence d'un groupe comme Total, pas très politiquement correcte sur ces thèmes, peut étonner dans des fonds classés « 5 planètes ». En réalité, pour un fonds, il est souvent difficile de joindre les deux bouts entre croissance et strict respect des normes ISR. C'est dans un souci de ne pas trop enfermer cet investissement sur lui-même que certains ont adopté une stratégie accommodante, bien nommée « best in class ». Celle-ci consiste, comme c'est le cas pour Total dans le secteur pétrolier, à prendre le meilleur de chaque catégorie en matière de transparence, d'engagements sociaux et environnementaux. « Pour l'instant, les épargnants ne se ruent pas sur les fonds ISR. Mais la notation verte peut constituer un critère de choix secondaire, après la performance », juge Benoît Gommard.Reste que pour les puristes, cette approche est en inadéquation totale avec les fondements même de l'ISR. Dans l'absolu, il doit être apuré d'une notion contraignante de croissance à tout prix et de spéculation. Dans sa dernière lettre, l'AFG souligne d'ailleurs que l'ISR ne se conjugue qu'au long terme. En définitive, le client devra choisir entre rentabilité à court terme ou conviction de ses investissements à long terme. Choix cornélien qui peut trouver sa réponse en acceptant cet ISR « light ».

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