INTERVIEW. Herman Daems, président de BNP Paribas Fortis : « Je dois faire en sorte que la banque soit gérée dans l'intérêt de tous les actionnaires »

STRONG>Comment se passe votre travail et votre collaboration avec Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas Fortis ? En Belgique, on a voulu créer une séparation juridique entre la direction et le conseil d'administration. C'est la réalité légale. Je ne suis jamais impliqué, par exemple, dans des décisions concrètes d'octroi de crédit, mais avec la crise, on a compris que cette séparation entre le conseil et la direction était trop sévère et on a cherché des moyens de se rapprocher. Je passe environ trois journées par semaine chez BNP Paribas Fortis. Je suis en contact très régulier avec Jean-Laurent Bonnafé. Nous nous parlons de l'intégration, de la nouvelle réglementation et aussi de la façon d'approcher le réseau belge. Chez BNP Paribas, ils ont été surpris que nos entreprises soient aussi internationales, même les PME. J'ai voulu veiller à ce que la banque ait un réseau local, mais puisse aussi soutenir les entreprises belges dans leur stratégie internationale, ce qui se fera avec notre réseau international de centres d'affaires. Nous gérons de Bruxelles beaucoup d'activités d'export des entreprises. De plus, nous avons installé quatre centres de compétences à Bruxelles, qui doivent nous donner une position importante dans le groupe BNP Paribas. Êtes-vous le garant de l'ancrage belge de BNP Paribas Fortis ? Il y a encore beaucoup de commentaires sur la domination française et les lourdes conséquences de l'intégration sur la salle de marché. Je ne veux sûrement pas être l'ancre belge, en tout cas pas la seule ancre. Nous sommes une très grande banque avec 18.000 personnes qui ont la volonté de servir les besoins d'une clientèle belge, ici et au niveau international. La salle de marché était probablement trop grande. Il faut être réaliste. Il fallait réorganiser et restructurer, tout en gardant ce qui est utile pour nos clients.Comment se passe l'intégration? En Belgique, les choses avancent mais, dans d'autres pays, il y a des petits grains de sable. L'intégration va prendre un certain temps. Dans certains cas, cela peut prendre presque deux ans. Ce processus est en train de se faire. Est-ce que tout cela fonctionne sans problème ? Non, bien évidemment. On aura toujours des petites tensions dans chaque organisation. Quelles sont vos relations avec l'État actionnaire ? En tant que président du conseil, je dois faire en sorte que la banque soit gérée dans l'intérêt de tous les actionnaires. Mon rôle principal, c'est que la banque soit performante. Le conseil a la responsabilité de jouer le jeu de la banque. Les administrateurs de l'Etat doivent représenter l'Etat comme actionnaire dans la banque. Ils ne sont pas là pour contrôler. Il ne faut pas mélanger les fonctions.Les nouvelles normes de Bâle font peur aux banquiers alors que l'on ne sait pas exactement ce qui sera effectivement appliqué. Quelle est votre position? Le problème des banques durant la crise a été la liquidité. À un certain moment, cette liquidité a disparu. Cela a eu une grande influence sur les banques belges, car elles avaient financé beaucoup de leurs activités et de leurs investissements sur le marché interbancaire. Ce qui est inquiétant maintenant, c'est que l'on va se focaliser sur la solvabilité et l'augmentation des exigences en fonds propres. Mais l'impact sera très important sur le secteur. Il est estimé à 450 milliards d'euros d'exigence de fonds supplémentaires pour les banques européennes. C'est énorme. Et, malgré tout, on n'est même pas certain que cela permettra d'éviter des crises dans le futur si l'on ne résout pas le problème de la liquidité.

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