Affaire Cahuzac : Mediapart se pose une nouvelle fois en quatrième pouvoir

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\"Notre métier n\'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie\" : c\'est encore la célèbre formule d\'Albert Londres qui résume le mieux la ligne éditoriale défendue par le site d\'information \"pure player\" Mediapart. Le site fondé en 2008 par Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du Monde et ardant défenseur du journalisme d\'investigation, porte une nouvelle fois à la connaissance du grand public une information cachée par l\'un de ses dirigeants.Après la mise en cause de Nicolas Sarkozy, de Bernard Tapie et d\'Éric Woerth, entre autres, le journal en ligne a dévoilé en décembre 2012, suite notamment au travail du journaliste Fabrice Arfi, un enregistrement mettant durement en cause Jérôme Cahuzac, alors ministre du Budget du gouvernement Ayrault. Suite à la publication de ce document sonore, les soupçons ont commencé à planer sur l\'existence d\'un compte bancaire au nom de M. Cahuzac en Suisse, au sein de la banque UBS.\"Des citoyens qui ont le droit de savoir\"Le soir du 19 mars dernier, après l\'ouverture d\'une information judiciaire contre X pour blanchiment de fraude fiscale, Jérôme Cahuzac avait démissionné de ses fonctions de ministre du Budget, laissant la place à Bernard Cazeneuve. Le lendemain sur le plateau du Grand Journal de Canal +, Edwy Plenel déclarait : \"le journaliste n\'est ni un policier ni un juge, il est là pour apporter des informations d\'intérêt public, dans l\'intérêt des citoyens, qui ont le droit de savoir ce qu\'on leur cache éventuellement\".Ce 2 avril, Jérôme Cahuzac s\'avoue vaincu face à Mediapart, en publiant un communiqué sur son blog dans lequel il reconnaît avoir détenu un compte en Suisse non déclaré. Il a également avoué devant la justice, et a été mis en examen vers 17h15 ce mardi. Pour l\'heure, la présomption d\'innocence prévaut.6 millions d\'euros de chiffre d\'affairesQuelle que soit l\'issue de la mise en examen de Jérôme Cahuzac, il semble bien que le pari d\'une information de qualité, fruit de travaux d\'investigation, disponible uniquement sur Internet et totalement payante semble le bon. En effet, le site est l\'un des très rares titres de presse à afficher une rentabilité à deux chiffres en 2012. Selon LePoint.fr, Mediapart a réussi à vendre 60.000 abonnements l\'an dernier et a dégagé un chiffre d\'affaires de 6 millions d\'euros en constante augmentation depuis la création du média. Son résultat net aurait été de 700.000 euros en 2012, contre 572.300 en 2011.Ce modèle du tout payant prouve que l\'information en ligne peut être rentable. D\'autres sites suivent cette voie en proposant un maximum de contenus en accès payant tels que celui des Echos, et celui de Libération qui pourrait passer à ce système de \"pay wall\" dès juin 2013.POUR ALLER PLUS LOIN :>> \"Dévasté par le remords\", Jérôme Cahuzac avoue une \"faute inqualifiable\">> EN DIRECT Edwy Plenel : \"accabler Cahuzac ne sert à rien\" 

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