Derrière les débats télévisés, la « boîte à spin »

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Les trois principaux leaders politiques n'avaient pas encore fini de débattre jeudi soir dans le spectaculaire grand hall de l'université de Birmingham, regardés par 8,4 millions de téléspectateurs, que la vraie bataille avait déjà commencé en coulisses. Dans la salle universitaire à une centaine de mètres de là, où 200 journalistes étaient installés, les ténors politiques des trois camps avaient débarqué en force. Objectif : influencer les titres des journaux du lendemain. Si les trois débats à la télévision auront été importants durant cette campagne, c'est aussi leur couverture médiatique qui compte. À ce jeu du « spin », Peter Mandelson, le redoutable stratège des travaillistes, est un maître. Sachant que Gordon Brown a été médiocre dans le débat de jeudi soir, il est arrivé vingt minutes avant la fin de l'affrontement télévisé, probablement pour détourner l'attention des journalistes. Gordon Brown a « ridiculisé » la politique de David Cameron, affirme-t-il.Grand théâtreJuste à côté, Michael Gove, un ténor des conservateurs, est plus discipliné : il attend une feuille de son assistante, où est écrit la ligne officielle à suivre : « David Cameron a ? fait ? Premier ministre. » Se tournant vers les caméras, il répète sagement : « Je trouve que David Cameron faisait vraiment Premier ministre.  » Ce grand théâtre s'explique par l'importance capitale des trois débats télévisés de cette campagne électorale, une première en Grande-Bretagne. « Cela a tout changé », reconnaît Paddy Ashdown, ex-leader des libéraux-démocrates. Ceux-ci souffraient d'habitude d'une faible couverture médiatique, rendant leur message inaudible. En se retrouvant sur un pied d'égalité avec les travaillistes et les conservateurs, ils ont soudain été pris au sérieux par les Britanniques. Éric Albert, à Birmingham

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