La restructuration du solde de la dette argentine est lancée

 |   |  369  mots
L'Argentine lance ce lundi l'offre de restructuration de sa dette encore en défaut à l'égard de créanciers privés. Le montant total éligible est de 18,3 milliards de dollars, d'après les registres de fin 2001 et les taux de change de décembre 2003. Les investisseurs qui apporteront leurs titres à l'opération pourront opter entre deux types de bons : le Discount, plus spécialement destiné aux institutionnels, et le Par, censé correspondre aux besoins des petits porteurs. Ce dernier, réservé aux créanciers détenant jusqu'à 50.000 dollars de titres, prévoit le paiement cash des intérêts échus. Les grands investisseurs en revanche seront payés avec un papier à échéance 2017, portant un taux d'intérêt annuel de 8,75 % en dollars. L'échange respectera la monnaie d'origine d'émission du titre en défaut (dollar, euro, yen ou peso argentin) et les investisseurs auront jusqu'au 12 mai pour accepter la restructuration (7 juin pour les petits porteurs).Selon les analystes, les conditions de l'offre représentent une décote moyenne de 55 %. Ils la considèrent cependant suffisamment attractive pour que le taux d'acceptation atteigne 60 %, objectif déclaré du gouvernement argentin. Cet optimisme est alimenté par le fait que nombre d'investisseurs ont acheté leurs titres à bas prix et feront une bonne affaire dans cette opération. Ce n'est généralement pas le cas des petits porteurs, qui pourraient adhérer à la restructuration par lassitude, les chances de récupérer leur dû par la voie judiciaire paraissant de plus en plus faibles. Les investisseurs individuels sont nombreux en Argentine, au Japon et, surtout en Italie (200.000). C'est d'ailleurs à Rome que le ministre de l'Économie, Amado Boudou, commencera un road show qui le conduira ensuite à New York, Londres, Paris et Tokyo.Cette restructuration de la dette en défaut complète celle qui avait eu lieu en 2005, portant sur un total de 81 milliards de dollars, et qui avait obtenu un taux d'acceptation de 76 %. Elle devrait être suivie, fin mai, d'une émission de 1 milliard de dollars qui marquera le retour de l'Argentine sur les marchés des capitaux, puis, de conversations avec le Club de Paris pour régler les créances publiques échues (7,5 milliards de dollars). Jean-Louis Buchet, à Buenos Aires

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :