Alstom et Schneider défendent leur projet pour Areva T&D

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équipements électriquesUne fois n'est pas coutume. Patrick Kron, le patron d'Alstom, s'est fait voler la vedette ce mercredi par Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric, lors de leur conférence de presse commune pour présenter leur projet d'acquisition d'Areva T&D. « Cette consolidation aboutit à la création de deux spécialistes mondiaux de l'énergie de demain », s'est longuement enthousiasmé le patron de Schneider, intarissable sur les subtilités du marché des équipements de haute et moyenne tension. Il ne boude pas son plaisir. En rachetant la « distribution » d'Areva, son groupe va se hisser au 2e rang mondial de la moyenne tension avec 4,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires, devançant Siemens et talonnant ABB. « C'est un marché de volume où la taille, en assurant une meilleure compétitivité, est primordiale », affirme-t-il. Davantage sur la défensive, Patrick Kron semblait moins ravi de récupérer pour 4,1 milliards d'euros une activité qu'il avait dû céder ? à contrec?ur 920 millions à Areva en 2004. Il rachète, en fait, la haute tension d'Areva T&D, soit deux tiers des 5 milliards de chiffre d'affaires de la filiale d'Areva, qui deviendra une troisième branche d'Alstom, à côté des matériels de transport et des centrales électriques.Accusé d'avoir bénéficié de la préférence de l'Élysée, au détriment des concurrents General Electric et Toshiba, pourtant plus généreux, Patrick Kron s'est emporté. « Notre offre ne se résume pas à un prix. Connaissant très bien cette entreprise, nous avons pu accepter de moindres garanties pour le vendeur. » En clair, plutôt que de relever le prix ? man?uvre impossible après le dépôt d'une offre ferme ? Alstom et Schneider ont renoncé aux clauses permettant de payer moins si les résultats futurs de l'actif acheté ne sont pas au niveau espéré. « Et les trois candidats ont été priés de préciser un certain nombre de points de leurs offres », a-t-il ajouté, en soulignant que l'ensemble de la procédure avait été « sous la maîtrise d'Areva ».« clause de sauvegarde »« Chez Schneider, où nous avons tous été rachetés, nous comprenons le caractère anxiogène de cette opération pour les collaborateurs d'Areva T&D », a déclaré Jean-Pascal Tricoire en faisant allusion à l'opposition exprimée depuis le début par les syndicats et le management d'Areva T&D. Alstom et Schneider se sont engagés à ne pas fermer de sites en Europe d'ici début 2013 et à renoncer à tout licenciement collectif « sauf dégradation significative des conditions économiques ». Réserve qui inquiète les quelque 32.000 salariés d'Areva T&D. « C'est une clause de sauvegarde. Nous ne pouvons pas prévoir ce qui va se passer pendant trois ans », s'est énervé Patrick Kron. « C'est une clause de bon sens », a reformulé diplomatiquement Jean-Pascal Tricoire, « si le monde venait à s'écrouler? ».« Nous prévoyons non seulement de préserver les synergies existantes, mais d'en développer de nouvelles », ont déclaré les deux patrons, tout en soulignant combien les deux activités haute et moyenne tension sont séparées, de par leurs contenus technologiques, leurs clients et leurs canaux de distribution. Ils chiffrent à 1,3 milliard les ventes de systèmes intégrés et promettent de collaborer pour les préserver.

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