Arnaud Depierrefeu, un avocat français à Doha

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L'expatriéShanghai, avec ses 16 millions d'habitants, c'est « Blade Runner ». Doha, c'est une petite ville provinciale au bord de la mer. Je respire beaucoup mieux », s'amuse Arnaud Depierrefeu, avocat au barreau de Paris, 36 ans. Après plusieurs années passées dans la mégalopole chinoise, successivement pour les cabinets Gide, Adamas, puis UGGC dont il est associé depuis 2008, il s'est installé dans la capitale qatarie au début de l'année 2009 pour ouvrir le bureau du cabinet d'avocats français. UGGC est le troisième cabinet étranger à obtenir une licence d'exercice délivrée par le ministère de la Justice qatari. Les deux premiers sont américains et anglais.« Shanghai, pour moi, ça s'est bien pass頻, explique Arnaud Depierrefeu. Il parle le mandarin qu'il a appris pendant sa scolarité, en 3e langue. « La langue chinoise me passionnait pour son intérêt intellectuel mais aussi pour les Chinois, des gens si différents », confie-t-il. Mais « l'appel du large » lui a fait prendre la diagonale Shanghai-Doha. 10.000 kilomètres, sans passer par Paris. Le Qatar, avec 1,5 million d'habitants, dont 1,2 million d'étrangers. « L'avion était plein de traders arabes venus faire leur marché à Shanghai et d'immigrés chinois qui rejoignaient leur poste au Moyen-Orient et en Afrique », constate-t-il.« Je suis un Essec qui a mal tourné. Je ne me destinais pas à être avocat. J'ai découvert le droit à l'Essec et ça m'a plu », s'amuse ce spécialiste du droit des relations commerciales internationales, droit des investissements étrangers au Moyen-Orient, des procédures collectives internationales, du contentieux et de l'arbitrage international. À la mi-99, il fait sa coopération au bureau de Gide à Shanghai. De retour au bureau du cabinet d'avocats à Paris en 2001, il intervient en contentieux international pour des clients étrangers, et en droit des affaires. Il fait du pénal. En 2005, il quitte Gide. Il a une opportunité de retourner à Shanghai début 2006 pour le cabinet Adamas, dont il est associé. Très vite, Adamas sera repris par UGGC. Il devient coresponsable du bureau de Shanghai du cabinet UGGC. Il voyage beaucoup en Chine, dans des contrées très reculées. Le Tibet, le Sichuan, le Yunnan, le Hunan, le Guangdong, le Nord, la Chine centrale, la zone frontalière du Vietnam? et Hong Kong bien sûr.conseil stratégiqueÀ l'été 2008, UGGC, qui avait déjà un avocat qui conseillait une clientèle qatarie en matière de gestion privée, est approché par les autorités de Doha. Arnaud Depierrefeu avait déjà travaillé pour des clients du Moyen-Orient à Paris. Il avait commencé à apprendre l'Arabe. « Le Qatar est l'émirat le plus francophile. Il y a beaucoup de clients français qui font des affaires au Qatar », explique-t-il. Total y est présent depuis 70 ans. Technip a construit des installations gazières. Vinci s'est distingué par la construction du pont à haubans de 40 km de long qui relie Qatar à Bahrein, Bouygues pour l'édification du Barwa Financial District à Doha. On y retrouve BNP Paribas, EADS, Thales? les PME sous-traitantes, sans parler des prestataires de services. Les réserves de gaz de l'émirat sont évaluées à 200 ans d'exploitation. « Les Qataris veulent se moderniser, mais ils ne sont pas prêts à renier leurs racines sur l'autel de la modernit頻, souligne Arnaud Depierrefeu.L'activité d'UGGC à Doha se concentrera essentiellement sur le conseil stratégique, le droit des investissements étrangers pour la réalisation d'opérations sur l'ensemble du Moyen-Orient, et en particulier dans le Golfe, ainsi que le conseil aux clients qataris pour leurs investissements à l'étranger, en France et au Maghreb.Arnaud Depierrefeu a emmené dans son périple femme ? elle est architecte d'intérieur ? et enfants ? une fille et un garçon nés à Shanghai. Doha, où toute l'activité sportive se résume au footing au bord de la mer et au pied des buildings?

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