Après une année difficile, Eraam se prépare au retour des investisseurs

ociété de gestionEn novembre dernier, Fitch Ratings abaissait de « M2 » à « M2? », la note de la société de gestion Eraam, justifiant cela par « une baisse des profits de la sociét頻. Et pour cause. La société de gestion de fonds de hedge funds, créée en 1998, a vu ses actifs sous gestion fondre de 60 % en un peu plus d'un an, à l'issue d'une année on ne peut plus difficile pour la gestion alternative. Malgré tout, « notre processus de gestion n'est pas remis en cause par cette nouvelle notation », souligne Cyril Julliard, directeur général et fondateur d'Eraam.Comme l'ensemble du secteur de la gestion alternative dans le monde, Eraam a fait les frais d'une aversion au risque accrue depuis la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 entraînant une forte décollecte sur ces stratégies de gestion. Au final, « nous sommes passés de 1 milliard d'euros sous gestion à fin septembre 2008 à 400 millions aujourd'hui », explique Cyril Julliard. Une décollecte particulièrement importante dans les fonds ouverts de la société de gestion que ce soit sur les stratégies d'arbitrage long/short ou dans les fonds multistratégies. « Mais nous n'avons plus de décollecte depuis mars 2009 et les investisseurs commencent à regarder de nouveau la gestion alternative pour l'année 2010 », poursuit-t-il.longue reconquêtePour faire face à une telle baisse de ses encours, la société de gestion a dû s'adapter. Structurellement d'abord, puisque « nous avons réorganisé notre base de coûts en licenciant 4 personnes sur les 15 de l'équipe », précise encore Cyril Julliard. Mais c'est surtout du côté de la gestion des sorties que la société de gestion a fait porter ses efforts. Car, contrairement à plusieurs de ses concurrents qui ont dû utiliser pendant longtemps le système des « gates » (permettant de lisser les rachats de parts dans le temps), Eraam n'a recouru à ces pratiques que rarement. Ainsi « nous avons mis en place une ?gate? pour quatre mois, qui nous a permis de gérer la liquidité des investisseurs sortant sans dislocation de portefeuille », indique Cyril Juillard. Quoi qu'il en soit, les investisseurs ont délaissé ces stratégies et la reconquête risque d'être longue.Mais, pour Eraam, l'année 2009 pourrait n'être qu'un mauvais souvenir. En tout cas c'est ce que veut croire Cyril Julliard. Selon lui, l'industrie de la gestion alternative va devoir s'organiser. « D'un côté, il y aura les fonds de long/short accessibles à tous, liquides et donnant une performance raisonnable ; de l'autre, les investisseurs plus expérimentés pourront préférer des produits moins liquides mais avec des objectifs de performance plus importants », anticipe-t-il. C'est dans cette optique qu'Eraam a lancé en octobre dernier Eraam Pure Alpha, répliquant la gestion appliquée à son plus gros mandat, confié par Calpers (fonds de pension des fonctionnaires californiens). En proposant aux investisseurs de bloquer leurs mises, le fonds va investir dans des hedge funds prêts à aller sur des actifs risqués mais générateurs de performances. Encore faudrait-il que les institutionnels souhaitent revenir sur des actifs risqués? Marianne Lagrange

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