Le paysage universitaire manque de lisibilité

Attention à ne pas rendre le système plus compliqué qu'il ne l'était déjà. C'est le signal d'alarme que tire le comité de suivi de la loi LRU sur l'autonomie des universités dans le rapport qu'il a remis jeudi à la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse. Pour son troisième ouvrage, ce comité s'autorise à prendre un peu de hauteur, 60 % des 83 universités étant passées au « responsabilités et compétences élargies » en 2010. Le rapport 2010 réitère certaines exigences émises en 2008 et 2009 (notamment l'élection du président par tous les membres du conseil d'administration) et une trentaine de points à améliorer au sein des universités (certification des comptes, lien formation-recherche..) mais il se veut aussi très critique sur le manque de cohérence qui résulte de la politique menée ces dernières années. Alors que face à « un contexte international toujours plus compétitif », « les universités ont élaboré depuis longtemps » avec de nombreux partenaires (organismes de recherche, entreprises, pôles de compétitivité, collectivités locales...) des stratégies partagées et des politiques de site, les dispositifs mis successivement en place depuis la loi de programme de 2006 pour la recherche (réseaux thématiques de recherche de soins, réseaux de recherche avancés, pôles de recherche et d'enseignement supérieur ou PRES qui regroupent universités et grandes écoles, opération campus) ont dans un premier temps accéléré la structuration de ces partenariats, notent les rapporteurs. Complexité Mais, poursuivent-ils, l'ajout dernièrement de nouveaux dispositifs peut être source d'une complexité supplémentaire. Ainsi des nombreux projets prévus dans le cadre du grand emprunt, à commencer par les initiatives d'excellence, nouveaux regroupements différents des PRES et dotés de leur gouvernance propre. « Il y a un risque d'empilement des structures et une multiplication des interlocuteurs », pointe Louis Vogel, le président de la conférence des présidents d'université (CPU).Il convient donc « d'éviter que cette complexité soit un obstacle à l'obtention des bénéfices attendus et suscite des difficultés en terme de lisibilité et de gouvernance ce qui irait à l'encontre de la démarche de simplification », estime le rapport qui recommande de rendre plus lisible la stratégie de l'Etat et sa vision à long terme de l'organisaton universitaire et de veiller à la cohérence des projets. En attendant le bilan global que dressera le comité de suivi en 2012, l'entourage de Valérie Pécresse minimise ce constat par le caractère « transitoire » de la période. A plus long terme, « nous allons au contraire vers une clarification de la situation », assure-t-on rue Descartes.

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