La reprise de l'activité bénéficie-t-elle plus aux services qu'à l'industrie ?

Les services auraient-ils pris le train de la croissance tandis que l'industrie resterait à quai ? Les indicateurs d'activité fournis par la société Markit pour janvier semblent étayer ce scénario. Ainsi, l'indice mensuel des services s'est redressé à 57,8 points, atteignant un plus-haut de quatre mois. Celui de l'industrie manufacturière s'est en revanche replié à 54,9 points en janvier, soit sa plus faible valeur depuis six mois, après de fortes hausses enregistrées à la fin de l'année 2010.L'hypothèse d'un décrochage de l'industrie n'est pas partagée par l'Insee. Certes, le secteur « n'a pas récupéré ses niveaux d'avant mi-crise en termes de valeur ajoutée. Alors que les services, oui », admet Sandrine Duchêne, de l'Insee. Mais en dépit de cette récupération plus lente, la production industrielle progressait à la fin de l'année, selon l'institut. Surtout, en novembre, les perspectives de production de l'industrie pour les mois à venir étaient bonnes.Ce tableau pourrait s'assombrir, reconnaît Sandrine Duchêne, avec « le choc de l'inflation importée par la hausse des prix du pétrole et des matières premières ». « Une seule industrie a été touchée pour l'instant, celle du raffinage. » L'effet sur les autres industries est encore à venir, de même que sur les services.Sauvegarder les margesPour Markit, l'inflation des prix d'achat est présente depuis des mois dans les deux secteurs. Mais alors que les fabricants ont augmenté leurs prix de vente à « un niveau record » en janvier pour la compenser, les prestataires de services, « soumis à une forte concurrence », ont été contraints de modérer leurs prix de vente. Un constat qui rappelle que secteurs et entreprises n'auront pas les mêmes capacités à sauvegarder leurs marges.Concernant l'emploi, les deux secteurs se redressent, bien que l'industrie perde structurellement des emplois tandis que le tertiaire en crée. L'écart des effectifs intérimaires dans les deux secteurs était de 120.000 emplois en faveur de l'industrie avant la crise, rapporte Bernard Monsigny, du Crédit Agricolegricole. Il est descendu à 20.000 pendant la crise, pour remonter à 80.000 depuis janvier 2010. En d'autres termes, l'emploi industriel se défend. Sara Sampaio

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