Le piège en or

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Si ce n'est pas un piège, ça y ressemble. Plus précisément, on croirait un collet, destiné à se resserrer autour du futur candidat socialiste français. Certes, l'exécutif n'a pas attendu février 2011 pour brandir son idée d'ancrer dans la Constitution la « règle d'or » en matières d'équilibre des finances publiques. Il y a un an, Nicolas Sarkozy avait éventé cette idée, inspirée de l'Allemagne - devenue l'alpha et l'oméga de la politique française au fil des mois. Cette fois-ci, le projet a pris tournure : en voulant inscrire « dans l'ordre juridique la date de retour à l'équilibre des finances publiques », le gouvernement Fillon assume ses habits de « père la rigueur ». Qu'importe que les principales mesures aient déjà été adoptées, dont une loi rénovée de programmation des finances publiques : en voulant graver dans le marbre de la Ve République son voeu d'orthodoxie, le pouvoir fait coup double. Non seulement, il fait oublier que c'est sous sa mandature que la dette publique s'est alourdie de 350 milliards d'euros (depuis le troisième trimestre 2007 et le troisième trimestre 2010), mais il impose aux dirigeants de la France de demain une rigueur encore jamais appliquée dans le pays depuis trois décennies. Surtout, il sème la zizanie à gauche, ce qui n'est jamais inutile, pour un gouvernement affaibli et en mal de popularité, à quelques mois des primaires du Parti socialiste. Car, que ce soit par un référendum ou devant le Parlement réuni en Congrès, les ténors du parti de la rose devront se prononcer, de Paris et de Washington, pour ou contre la règle d'or. Les opposants seront taxés d'irresponsables économiques, les partisans d'inféodés à la droite. De quoi introduire le ferment de la division par le biais de la Constitution. echol@latribune.f

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