Les groupes alimentaires à l'heure des comptes

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La hausse fulgurante des prix des matières premières est au centre de toutes les préoccupations. Aussi bien des politiques que des industriels et des financiers. Il sera intéressant, dans ce contexte, de voir quelles performances les entreprises agroalimentaires vont délivrer au titre de 2010 et comment elles voient l'année qui vient de débuter.Plusieurs poids lourds du secteur ont déjà donné le la jeudi. En publiant un chiffre d'affaires en progression de 16,4 %, à 884,6 millions d'euros sur les six premiers de son exercice fiscal 2010-2011 (clos fin juin), Bonduelle a manifestemement réussi à sauver les volumes d'activité. En revanche, la direction a maintenu ses objectifs pour l'année en cours, soit une baisse de 30 % de son résultat opérationnel à 70-75 millions d'euros contre près de 102 millions en 2009-2010. « La baisse des prix des produits MDD [marques de distributeurs] en Europe et en Amérique du Nord devrait impacter négativement le chiffre d'affaires et les marges au second semestre », commente le courtier Gilbert Dupont. En outre, l'évolution actuelle des cours des grandes céréales va indéniablement contraindre Bonduelle à consentir des hausses de prix qu'il ne pourra pas répercuter sur ses propres tarifs. Un effet de ciseaux pour le moins négatif pour le groupe.Le cas d'Unilever est radicalement différent. L'entreprise a publié, jeudi, un bénéfice net part du groupe en hausse de 26 % en 2010, tiré notamment par une hausse des volumes dans les marchés émergents. Le quatrième trimestre s'est révélé particulièrement dynamique et supérieur aux attentes des spécialistes. Là encore, le géant de l'agroalimentaire a vu son chiffre d'affaires progresser d'une année sur l'autre, grâce essentiellement aux pays asiatiques et sud-américains.« Concurrence intense »Lui aussi a dû supporter une forte progression des coûts des matières premières. Mais contrairement au français Bonduelle, il a pu imposer des hausses de prix et donc sauver ses marges et ses profits opérationnels. Du coup, la direction d'Unilever a qualifié de « solides » les résultats enregistrés en 2010, année marquée, selon lui, par une « concurrence intense, une faible confiance des consommateurs et une augmentation hors normes du coût des matières premières lors du second semestre ». Une donne que tous les groupes du secteur vont encore devoir affronter en 2011 au vu des records enregistrés jour après jour sur l'ensemble des denrées alimentaires.

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