Déminage sur la mobilité des fonctionnaires

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Mardi, Éric Woerth avait jugé « profondément normale » la possibilité de mettre en disponibilité d'office les fonctionnaires qui refuseraient trois propositions de postes. Sans désavouer son ministre du Budget, François Fillon s'est efforcé, mercredi, de désamorcer la polémique qui enfle autour du texte sur la mobilité dans la fonction publique. Le chef du gouvernement a assuré, sur Europe 1, que « les fonctionnaires auront plus de garanties que dans la législation précédente » qui permet à l'administration de considérer comme démissionnaire un agent qui refuse un seul poste. Et d'enfoncer le clou : « Franchement, cette polémique est grotesque [...]. Dans le texte en préparation, l'État aura obligation de proposer trois postes à un fonctionnaire dont l'emploi est supprimé. Ces trois postes devront correspondre à son grade, à son projet professionnel, tenir compte de sa situation de famille et de son lieu de domicile », a poursuivi le Premier ministre.passe d'armesÀ l'origine de la passe d'armes qui oppose le gouvernement et les syndicats, un projet de décret découlant de la loi sur la mobilité dans la fonction publique d'août 2009. Il prévoit notamment qu'à l'issue d'une période dite de « réorientation professionnelle », un agent dont le poste a été supprimé et qui refuserait trois propositions de reclassement pourra être placé en disponibilité d'office. Une procédure assimilée, par les syndicats, à un licenciement puisque l'agent ne percevra plus son traitement.Mais il n'est pas sûr que l'opération déminage de François Fillon ait porté ses fruits. Il s'est bien gardé de promettre une modification du texte. L'entourage d'Éric Woerth confirmait même, mercredi, que le décret s'appliquerait dès avril-mai. Alors que le gouvernement poursuit sa politique de suppression de postes dans la fonction publique et s'attaquera, dans les prochaines semaines, à l'explosif dossier des retraites, le projet de décret passe mal. « Tous les syndicats sont vent debout contre cette disposition, c'est une sérieuse attaque contre le statut », jugeait, mercredi, Jean-Claude Mailly de FO. « Je crois qu'on est dans une provocation de la part du gouvernement, en particulier vis-à-vis de la fonction publique », a renchéri François Chérèque, pour la CFDT. Même si FO refuse de s'y associer, l'intersyndicale, qui se réunit le 8 février, devrait tenter d'élaborer une position commune en vue de l'examen du projet de décret par le Conseil supérieur de la fonction publique le 11 février. A. L.

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